Karachi : une plainte contre le juge Bruguière

  • A
  • A
Karachi : une plainte contre le juge Bruguière
@ MAXPPP
Partagez sur :

Les familles des victimes accusent l’ex-magistrat d’avoir livré un faux témoignage à la justice.

Plus de neuf ans après l’attentat de Karachi, l’affaire ne cesse de rebondir. Cette fois, ce sont les familles des victimes qui ont déposé plainte contre l'ex-juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, chargé de l'enquête de 2002 à 2007.

L’attentat avait coûté la vie à quinze personnes le 8 mai 2002. Parmi eux figuraient onze salariés français de la Direction des constructions navales (DCN). Après avoir longtemps privilégié la thèse islamiste, les enquêteurs se sont lancés en 2009 sur la piste d'un mobile financier pour l’expliquer.

Le juge Bruguière accusé de "faux témoignage"

Dans leur plainte, déposée le 10 juin, les familles accusent l’ancien magistrat de faux témoignage et d'entrave à la justice, a fait savoir l’avocat des familles des victimes, Me Olivier Morice.

Le 16 mai dernier, Jean-Louis Bruguière avait été entendu par son successeur, le juge Marc Trévidic. A cette occasion, il avait été interrogé sur l'absence au dossier d'un rapport d'autopsie du poseur de bombe présumé, réalisé par des médecins légistes dans les jours suivant l'attentat. L’autopsie avait été pratiquée par une Française, Dominique Lecomte, qui s'était rendue en urgence sur les lieux de l'attentat.

Lors de son audition par le juge Trévidic, le juge Bruguière avait assuré qu’il n’avait "pas obtenu le rapport de Mme Lecomte". Or, Dominique Lecomte, elle aussi entendue par Marc Trévidic, avait affirmé avoir remis l'original de ce rapport au juge Bruguière, qui le lui avait réclamé "avec insistance".

Doutes sur la piste de l’attentat suicide

Le rapport d’autopsie montre que "le sujet se trouvant près du foyer de l'explosion se trouvait en position debout". Pour Me Olivier Morice, cet élément "exclut qu'il y ait pu avoir quelqu'un conduisant le véhicule" qui a explosé contre le car transportant les employés de la Direction des constructions navales (DCN) victimes de l'attentat. D’après l’avocat, il ne s’agit donc pas d’un attentat suicide.

Or, selon la version officielle, l'attentat a été perpétré par "un terroriste kamikaze au volant d'une Toyota". "Durant toutes ces années, une véritable désinformation a été orchestrée aux fins de faire croire que cet attentat avait été réalisé sous forme d'attentat suicide", prétend ainsi Me Olivier Morice.