Karachi : la piste politique confirmée

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Karachi : la piste politique confirmée
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Le juge d'instruction chargé de l'enquête a confirmé vendredi la piste d'une affaire de corruption.

Le juge d'instruction chargé de l'enquête sur l’attentat anti-français au Pakistan en 2002 a confirmé vendredi la piste d'une affaire de corruption en France, susceptible d'impliquer Nicolas Sarkozy.

Ce dossier porte sur un attentat-suicide commis en mai 2002 à Karachi qui a tué 14 personnes, dont 11 employés français de la Direction des constructions navales (DCN) qui travaillaient sur place pour un contrat de livraison de sous-marins Agosta signé en 1994.

Il y a bien eu des rétro-commissions

Lors d'une rencontre vendredi avec les familles des victimes, le juge d’instruction Marc Trévidic a déclaré que son enquête avait confirmé qu'une partie des 83 millions d'euros de commissions prévues était bien revenues en France.

Olivier Morice, l'avocat des familles, a rappelé que ces "rétro-commissions" sont prouvées par des courriers entre la DCN et ses avocats, mais aussi par le versement par un intermédiaire libanais, Ziad Takieddine, de 33 millions sur un compte au Luxembourg.

Un compte créée par la DCN avec le feu vert de Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, selon les conclusions d'une mission d'information parlementaire. Les familles des victimes soupçonnent donc un financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, que soutenait Nicolas Sarkozy.

L’Etat et le parquet freinent la procédure

Depuis que l’enquête sur l’attentat de Karachi s’oriente vers la piste d’un financement politique, le juge chargé du dossier rencontre de plus en plus de difficulté. Le procureur Jean-Claude Marin a même indiqué cette semaine qu'il jugeait les faits prescrits.

Lors d'une rencontre avec les familles des victimes, "Marc Trévidic n'a pas caché aux familles les problèmes qu'il connaissait actuellement puisqu'il est laissé seul avec sa greffière et qu'il n'a pas de moyens d'enquête", a confié Olivier Morice, l'avocat des familles.

"Le magistrat a déclaré qu'au plus haut niveau de l'Etat, on sait parfaitement pourquoi il y a eu arrêt du paiement des commissions. Il attend donc que soient remis les documents utiles dans le cadre de la demande de déclassification qu'il a faite", a-t-il ajouté.

Le juge Trévidic a de son côté annoncé qu'il demanderait en septembre la co-désignation d'un juge financier pour explorer la piste d’un financement politique, dans le cas où le parquet refuserait toujours d'ouvrir une procédure distincte.

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