Karachi : l'USM préférerait un juge indépendant

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Karachi : l'USM préférerait un juge indépendant
Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM).@ MAXPPP
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L'Union syndicale des magistrats regrette que l'enquête sur les fuites soit confiée au parquet.

L'ouverture d'une enquête vendredi sur les fuites concernant certaines auditions de l'affaire Karachi a fait réagir samedi l'Union syndicale des magistrats (USM). Sur Europe 1, par la voix de son président, Christophe Régnard, le syndicat a déploré que l'enquête soit confiée au parquet de Paris, qui dépend du ministère de la justice, et non à un juge indépendant. Le magistrat a ainsi relevé que l'enquête préliminaire pouvait concerner Brice Hortefeux, ancien ministre de l'Intérieur et proche de Nicolas Sarkozy. 

Un juge d'instruction "préférable"

"Dans des dossiers éminemment politiques, éminemment sensibles, il est évident que confier les investigations à venir concernant potentiellement Monsieur Hortefeux, ancien ministre de l'Intérieur, à un magistrat du siège, c'est-à-dire indépendant, un juge d'instruction, c'est évidemment bien préférable", a estimé le magistrat. "Les Français auront, dès lors, l'impression que le travail pourra aller jusqu'au bout", a-t-il ajouté.

Le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour violation du secret professionnel et recel de ce délit. Celle-ci concerne les policiers, magistrats ou avocats susceptibles d'avoir communiqué des pièces de la procédure sur l'affaire de Karachi et ceux qui en auraient bénéficié.

Pas d'enquête ouverte pour violation du secret de l'instruction

Brice Hortefeux aurait prévenu Thierry Gaubert, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy mis en examen dans ce dossier, que sa femme, Hélène de Yougoslavie, "balançait beaucoup" aux enquêteurs. Des parties civiles se sont étonnées que l'enquête n'ait pas été ouverte pour violation du secret de l'instruction. 

Dans Le Monde, paru samedi, Hélène de Yougoslavie indique qu'elle envisage de porter plainte pour violation du secret de l'instruction. "Je pense que c'est vers là qu'il faudra aller parce que les Français doivent bien avoir l'impression que les affaires ne sont pas jugées en fonction des pressions, des menaces sur les magistrats, mais bien en fonction de l'application de la loi", confie-t-elle.