Justice : les Clodettes se rebellent

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Justice : les Clodettes se rebellent
@ Max PPP
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Les danseuses contestent le non-versement des droits liés à la diffusion d'images de leurs shows.

Douze "Clodettes" en colère. Après avoir dansé pendant des années aux côtés de Claude François, elles réclament aujourd’hui de toucher les droits liés à la diffusion d’images de leurs spectacles, qui défilent sur les écrans de télévision à chaque rétrospective sur le chanteur. Vendredi, elles vont donc réclamer 16.000 euros à la Société de perception et de diffusion des droits des artistes-interprètes (Spedidam), devant le tribunal de grande instance de Paris.

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"On est toujours dans l'actualité". Des émissions musicales de l'ORTF rediffusées sur la TNT aux nombreux DVD consacrés à la légende Clo-Clo, les danseuses aux tenues sexy continuent de crever l'écran, 35 ans après la disparition de Claude François. "On est toujours dans l'actualité et la Spedidam a collecté de l'argent avec la variété sans nous le reverser. On se fait avoir", estime Lydia Naval, ex-Clodette de 63 ans. Cette dernière a suivi Claude François pendant six ans, à l'époque de Bellinda, Lundi au soleil, Une chanson française. L'ancienne danseuse, aujourd'hui vendeuse d'abonnements culturels, est à la tête de la fronde des Clodettes. En février 2012, elle a incité onze autres Clodettes  à assigner la Spedidam devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris.

"Aucune démarche positive depuis 1995". Une procédure judiciaire qui intervient près de 20 ans après les premières démarches entreprises en 1995. A l'époque, c'est l'ex-chef d'orchestre de Claude François, Silm Pezin, qui s'était ému de leur situation. L'homme avait aidé Lydia Naval à retrouver les anciennes Clodettes. Selon elle, les douze anciennes danseuses qui poursuivent aujourd'hui la Spedidam sont celles qui ont "le plus d'ancienneté" parmi la vingtaine employées par le chanteur, de 1966 à sa mort en 1978. "La Spedidam n'a effectué aucune démarche positive depuis 1995 pour identifier les Clodettes et évaluer leurs droits", dénonce Me Michel Richard.

15.02 Claude François entouré de ses "Clodettes" 930620

© Capture d'écran

Un manque à gagner de 1.000 euros par an. Seule démarche de la Spedidam envers les Clodettes : la société verse depuis 2010 300 euros aux anciennes danseuses. Mais pour leur avocat, Me Michel Richard, le manque à gagner est de 1.000 euros par an sur la dernière décennie. Au-delà, les droits ne sont pas récupérables. L'avocat demande donc au TGI une provision de 16.000 euros pour chacune des danseuses et la nomination d'un expert pour vérifier le mode de calcul des droits de la société qui agit, selon lui, dans "l'opacité".

Les Clodettes ont été "négligentes". Les danseuses, aujourd'hui quinquagénaires ou sexagénaires, sont professeure de danse, gérante de restaurant, directrice commerciale ou sans emploi et "elles ne roulent pas sur l'or", selon leur avocat. De son côté, la Spedidam se défend : "pour répartir équitablement les droits, il faut pouvoir identifier les participations aux émissions, ce qu'on a demandé à plusieurs reprises. Or certaines attestations de présence étaient incomplètes voire inexistantes", explique Me Isabelle Wekstein. Selon elle, les Clodettes ont été "négligentes" et "ont perdu beaucoup de temps" dans leurs démarches.