Justice : le cascadeur contre Disneyland

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Justice : le cascadeur contre Disneyland
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Cet ex-employé dénonce des conditions de sécurité insuffisantes lors des spectacles.

"Moteurs…action". Montrer et expliquer au public "comment les cascades sont réalisées et filmées". C'est ce que propose,  plusieurs fois par jours, le spectacle de cascades à moto et en voiture de Disneyland, à Marne-la-Vallée. Mais un ancien cascadeur du parc d'attraction dénonce aujourd'hui les très mauvaises conditions de sécurité des employés. Selon lui, elles ont eu de graves conséquences sur sa santé et certaines de ses pathologies commencent à être reconnues comme maladie professionnelles. Gérard Ravenet a travaillé sur ce spectacle pendant cinq ans en tant que chef cascadeur, entre 2002 et 2007. Mardi après-midi, il sera devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de Versailles pour espérer obtenir réparation. Il se confie au micro d'Europe1.

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© MAXPPP

Une protection insuffisante… "Nous, en tant que chef d'équipe, nous étions face à une torche de 800 degrés sans avoir de protection au niveau des yeux, ni cagoule, ni gants, ni rien", déplore ainsi Gérard Ravenet, ajoutant que "les cascadeurs n'avaient  pas les sièges baquets correspondants".

"Quand un cascadeur ne doit, dans les règles, assurer qu'un seul rôle dans la journée, il en enchaînait, deux à trois à cause du manque d'effectif", poursuit l'ancien acrobate expliquant que de ce fait, "les pathologies s'accentuent". Et impossible de se plaindre : "quand nous exercions notre droit de retrait, on était convoqué par le senior manager pour s'entendre dire : 'si t'es pas content, ton droit de retrait, c'est de prendre la porte'".

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…Lourde de conséquences. Pour Gérard Ravenet, les conséquences sont terribles : "je suis handicapé à pratiquement 50%. J'ai trois hernies discales avec hernie paralysante", explique-t-il en imputant ses maux à son passage chez Disney. Et ce n'est pas tout : "j'ai perdu la moitié de mon audition parce que l'on travaille avec une sonorité de plus de 120 décibels quand les normes européennes sont fixées à 85 décibels". L'audition est donc touchée mais aussi les yeux : "j'ai eu une brûlure de la cornée avec destruction du film lacrymale qui à tout moment peut m'apporter des maladies".