Justice : Hollande promet une réforme "ambitieuse" aux magistrats

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Justice : Hollande promet une réforme "ambitieuse" aux magistrats
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La réforme vise à renforcer l'indépendance des juges français attaqués par l'opposition après la révélation des écoutes de Sarkozy.

Il leur a promis une réforme "ambitieuse". Les représentants de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire, ont été reçus mercredi à l'Elysée par François Hollande. "Il nous a annoncé la reprise de la réforme constitutionnelle du statut du parquet et de la composition du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)", a indiqué Christophe Régnard, le président de l'USM, à l'issue de la rencontre. Cette réforme vise à renforcer l'indépendance des juges français attaqués par l'opposition après la révélation sur la mise sur écoutes de Nicolas Sarkozy.

Le magistrat a plaidé pour que l'exécutif prenne le temps de la réflexion. "Nous avons fait savoir que toute réforme à court terme des dispositifs actuels serait vécue comme un désaveu par la magistrature et que si des évolutions devaient intervenir, elles ne devaient l'être que dans un cadre beaucoup plus large, et pas seulement en réaction à un fait divers", a-t-il dit. Christophe Régnard a notamment indiqué qu'il souhaitait que le CSM soit composé majoritairement de magistrats et qu'il puisse nommer directement les procureurs afin d'accroître l'indépendance du parquet.

Le site d'informations Mediapart a révélé mardi la teneur de sept écoutes judiciaires effectuées sur la ligne téléphonique ouverte sous une fausse identité par l'ancien président français et qui ont poussé la justice à ouvrir une information judicaire pour "trafic d'influence".  Ces dernières révélations confortent les magistrats, estime le président de l'USM. "Tous ceux qui depuis dix jours nous expliquaient que nous étions dans une logique de complot des juges ou d'atteinte gravissime aux droits de la défense doivent aujourd'hui s'en mordre un peu les doigts", a dit Christophe Régnard, pour qui les avocats ne sont pas "au-dessus des lois". "La réalité, c'est que, manifestement, les investigations complémentaires étaient légitimes, parce qu'il y a des suspicions de commission d'infraction, et que les avocats ne sont pas au-dessus de la loi", a-t-il fait valoir sur le perron du palais présidentiel.

Le président de l'USM note aussi les "mots désagréables (prononcés) à l'encontre des magistrats bordelais" par le conseil de l'ancien président, Me Thierry Herzog qui les qualifie de "bâtards de Bordeaux" dans l'une des conversations écoutées. "Les propos qui apparaissent dans ces écoutes me paraissent non seulement inadaptés mais surtout contraires au serment que prêtent les avocats", a-t-il observé.