Juif agressé : la version d'un suspect

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Juif agressé : la version d'un suspect
Un des deux suspects mis en examen pour violence aggravés se défend de tout antisémitisme.@ REUTERS
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Il prétend n’avoir "pas eu des propos antisémites" et déplore les "proportions" prises par l'affaire.

Yassine est un Montpelliérain de 18 ans. Accusé d'avoir agressé, avec un ami, un jeune juif mercredi dernier dans un TGV entre Toulouse et Lyon, il livre sa version des faits au journal Midi Libre. "Je préfère mettre une gifle à quelqu'un qu'insulter un juif", affirme-t-il au quotidien régional dans son édition de lundi, niant tout caractère antisémite dans l'agression. Samedi, les deux agresseurs présumés ont été mis en examen pour violences en réunion et en raison de l'appartenance de la victime à une religion.

"Ça a duré 40 secondes"

Dans son récit, le jeune homme explique en être venu aux mains parce que le jeune juif, âgé de 15 ans, parlait "constamment dans son téléphone".  Il lui aurait alors demandé d’aller communiquer "dehors".

Après s’être toisés du regard, les deux jeunes hommes auraient règlé le différend sur une plate-forme qui sépare deux wagons. "Il m'envoie un coup de tête, je lui envoie une droite, il se jette sur moi au niveau de la ceinture", témoigne Yassine au Midi Libre. Les deux garçons se seraient alors retrouvés par terre. C'est à ce moment, selon la version livrée par Yassine, que son "collègue" intervient pour les "séparer". "Ça a duré 40 secondes", assure-t-il.

"On n'était pas au courant des propos antisémites"

La victime, scolarisée à l'école Ozar Hatorah de Toulouse, où Mohamed Merah avait tué en mars trois enfants et un père de famille, s'est vu délivrer une interruption temporaire de travail de 10 jours.

Par la suite, Yassine a poursuivi son trajet et s’est arrêté à Lyon où il a passé des tests pour entrer dans l’armée afin de "devenir maître-chien". Le lendemain, à 11 heures, "la police est venue nous chercher ", poursuit Yassine. "J’ai compris que c’était pour la bagarre, mais on n'était pas au courant des propos antisémites qu’il avait rajoutés", ajoute-t-il.

"On a dit la vérité"

La victime de l’agression et les deux suspects ont été confrontés lors d’une audition après leur interpellation. "Le jeune a essayé de mentir en affirmant qu’il était monté avec un billet alors qu’il était en fraude", assure Yassine. Pour sa part, il prône la bonne foi et assure que la version qu’il a présentée devant la police avec son ami est conforme à la réalité : "On a dit la vérité tous les deux", maintient-il.

Mis en examen samedi pour violences aggravées, tout comme son ami, Yassine regrette les "proportions" prises par cette affaire. "Moi, je sais que je n'ai rien dit", affirme-t-il. "Ce qui m'énerve dans cette société d'aujourd'hui, c'est que deux Français qui se battent, c'est 24 h de garde à vue, deux arabes qui se battent, c'est 24h de garde à vue. Mais si c'est un arabe et juif qui se battent, tu peux prendre dix ans".