Jugée pour avoir poignardé un juge

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Jugée pour avoir poignardé un juge
@ MAXPPP
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Une femme de 38 ans comparaît depuis jeudi matin pour avoir agressé un juge des enfants.

Le procès d'une femme de 38 ans qui avait poignardé un juge des enfants à Metz, en juin 2007, parce qu'il lui refusait la garde de son petit garçon alors âgé de 3 ans, s'est ouvert jeudi matin devant la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle, à Nancy.

Une affaire sensible

A l’époque, l'affaire avait suscité un émoi considérable dans le monde judiciaire, à tel point que la garde des Sceaux de l'époque, Rachida Dati, avait débloqué 20 millions d'euros pour sécuriser les tribunaux, notamment par l'installation de portiques à l'entrée des palais de Justice, afin de répondre aux exigences des syndicats de magistrats.

Jacques Noris, juge des enfants, avait été agressé le 5 juin 2007, dans son bureau du tribunal de grande instance de Metz, par Faitha Benzouia. Celle-ci espérait récupérer la garde de son troisième enfant, James, placé depuis un an chez sa grand-mère paternelle. Devant le refus du magistrat, la jeune femme s'était emparée d'un couteau de boucher dissimulé dans son sac à main, et avait frappé le magistrat à l’abdomen, avant d’être maîtrisée par son ex-compagnon, père de l'enfant, et les avocats également présents à l'audience.

Transporté d'urgence à l'hôpital, Jacques Noris avait dû subir une opération chirurgicale donnant lieu à plusieurs complications, mais avait survécu à ses blessures sans subir de séquelles physiques durables.

Bataille de psychiatres

Les investigations menées depuis trois ans ont donné lieu à une bataille de psychiatres, l'un des quatre experts ayant fait état d'une abolition du discernement de la jeune femme, c'est-à-dire son irresponsabilité pénale. Un collège de professionnels a, in fine, conclu en une simple altération de son discernement, qui la rend accessible à une sanction pénale devant la Cour d'assises. Lors du procès, les jurés meurthe-et-mosellans devront se pencher sur cette femme au passé complexe, placée dans un foyer dès l'âge de 4 ans, régulièrement décrite comme violente, à l'intelligence fortement limitée et instable.

Héroïnomane, sujette à de fréquentes hallucinations et schizophrène selon l'un des experts psychiatres, Faitha Benzouia ne voyait ses enfants qu'une seule fois par semaine dans les locaux d'une association au moment des faits, à la suite de décisions judiciaires constantes. Les débats devant la Cour d'assises doivent durer au moins deux jours, à partir de jeudi. L'accusée, poursuivie pour tentative de meurtre, encourt trente ans de réclusion criminelle.