Jugé pour le meurtre de trois prostituées

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Jugé pour le meurtre de trois prostituées
@ MaxPPP
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JUSTICE - Détenu depuis novembre 2008 à la prison de Luynes, Patrick Salameh clame depuis toujours son innocence.

Il est présenté comme le premier tueur en série de l'histoire criminelle récente à Marseille. Patrick Salameh comparaît lundi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Il est soupçonné d'être à l'origine de la disparition, à l'automne 2008 à Marseille, de trois prostituées, dont les corps n'ont jamais été retrouvés. Il comparaît pour enlèvement, séquestration et détention arbitraire suivi de mort. Cet ancien chef de chantier dans le bâtiment, détenu depuis novembre 2008 à l'isolement à la prison de Luynes, dans les Bouches-du-Rhône, clame depuis toujours son innocence.

Une des victimes s'en sort. Les trois prostituées - Iryna, une Ukrainienne de 42 ans, Cristina, une Roumaine de 23 ans, et Zineb, une Algérienne de 28 ans - avaient disparu en octobre et novembre 2008, dans le centre de Marseille. Début novembre, une quatrième prostituée, âgée de 24 ans d'origine marocaine, avait porté plainte contre Salameh. Elle l'accusait de l'avoir séquestrée, violée et frappée avant de la payer et de la relâcher. Selon son témoignage, Salameh lui aurait intimé l'ordre de lui obéir et de satisfaire tous ses fantasmes, si elle ne voulait pas subir le sort d'autres femmes. Il lui avait même montré le cadavre d'une femme dans la baignoire de la salle de bain, a-t-elle raconté aux policiers.

Une haine des femmes. Au lendemain de ce témoignage, Salameh était interpellé par la police. Pour les experts psychiatrique qui l'ont examiné, il a bien le profil d'un tueur en série, qui trouverait toute sa place dans les romans les plus effrayants : haine des femmes et volonté de les dominer. Le quinquagénaire les payait d'ailleurs très cher pour les attirer dans ses filets. Décrit comme pervers et sadique, les enquêteurs ont retrouvé dans sa garçonnière ce qui s'apparente à du matériel de torture.

"Une violence qui est vraiment exacerbée". L’avocat de la jeune femme qui est parvenue à s'en sortir évoque d'ailleurs une volonté d'humilier et de faire souffrir. "Violence qui est vraiment exacerbée. On retrouve le tenaille avec laquelle il l'a menacée de lui couper les oreilles pour lui arracher ses boucles d’oreille. On retrouve également chez lui des scotchs, des pistolets électriques. Autant d’éléments qui lui permettaient d'exercer sa domination. Et on retrouvera un étai. Forcément, on se demande si ce n'est pas là qu'il attachait ses victimes", commente l'avocat.

Peu de preuves à son domicile. Et pourtant, les traces sont minces : pas de trace de sang, simplement de l'ADN, des cheveux , un bracelet, une perle. Aucune des fouilles effectuées dans la maison de l'accusé, notamment l'analyse d'un incinérateur, ou dans des propriétés de sa famille n'ont permis de retrouver les corps des victimes. De son côté, l'accusé a reconnu avoir eu des relations avec elles mais nié les enlèvements et séquestrations. Il a en effet affirmé aux enquêteurs avoir reconduit les femmes sur leurs lieux de prostitution. Et a affirmé ignorer "pourquoi toutes les filles qui venaient chez lui disparaissaient".

"Une personnalité singulière". Son avocat, Me Molina le décrit comme un homme poli, agréable et cultivé. "Il a mis à profit ce temps de détention pour se cultiver, lire, réfléchir, peindre. Une personnalité singulière", résume son avocat.