Jeanne d’Arc était-elle un homme ?

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Jeanne d’Arc était-elle un homme ?
Jeanne d'Arc est un symbole hautement politique.@ REUTERS
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De nombreuses thèses circulent sur la pucelle dont les 600 ans sont commémorés vendredi.

Et si Jeanne d’Arc s’était en réalité appelée Philippe ? C’est la thèse développée par François Ruggieri, producteur de films et passionné par la célèbre pucelle, dans Jeanne d’Arc, le stratagème. Pour le cinéaste, Jeanne d’Arc aurait en réalité été une supercherie incarnée par un frère illégitime de Charles VII. Le but : redonner le moral aux soldats et remobiliser une armée en perdition. Une thèse démentie par quasiment tous les historiens.

Olivier Bouzy, du centre Jeanne d’Arc à Orléans, la juge ainsi "complètement invraisemblable". Celui-ci a expliqué à Europe 1 qu’il existait pas moins de 200 textes sur la jeune bergère, avec des descriptions de la jeune femme.

Olivier Bouzy décrit Jeanne d’Arc :

"On ne pouvait pas la confondre avec un homme"

"Elle avait les cheveux noirs et visiblement, de profil, on ne pouvait pas la confondre avec un homme", affirme Olivier Bouzy, assurant qu’au moins "deux hommes d’armes" ont raconté avoir vu les seins de Jeanne d’Arc.

Plusieurs thèses circulent sur cette figure emblématique qui demeure tout de même, en 2012, le sixième nom de rue le plus donné de France. Certains affirment qu’elle n’a jamais brûlé sur le bûcher, d’autres assurent qu’elle n’était qu’une fable à destination de la population de l’époque. Chez les politiques, en tout cas, elle séduit : Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen se la disputent et vont lui rendre hommage respectivement vendredi et samedi.

"Jean Moulin en armure"

"On en fait Jean Moulin en armure !", note François Reynaert, journaliste au Nouvel Obs, auteur d’un livre sur les clichés de l’histoire de France. " Quand vous écoutez Nicolas Sarkozy parler d’Histoire, quand il parle de Clovis, de Jeanne d’Arc, on a l’impression qu’on est en 1914 et qu’on va attaquer l’Allemagne le lendemain, ou les Anglais à la place…", s’est-il agacé sur Europe 1.

"Plus on a le sentiment qu’on perd de notre pouvoir sur notre pays […], plus on s’accroche à des symboles qui sont les icônes les plus crispées, les plus fermées, celles du nationalisme le plus étroit", dénonce le journaliste. La pucelle intéresse surtout la droite : à gauche, l’entourage du candidat socialiste François Hollande a tranché : Jeanne d’Arc est un non-sujet.