"Je voudrais que ce ne soit pas banal de tuer quelqu'un"

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TÉMOIGNAGE - L'épouse d'un pompier, tué par un conducteur ivre, dénonce le comportement des chauffards.

Il avait 2,6 grammes d'alcool dans le sang. Il y a presque quatre ans jour pour jour, alors qu'il circulait en scooter, Jean-Charles était fauché sur la route, victime d'un accident entre deux voitures. Ce pompier professionnel succombait un mois plus tard à l'hôpital. Lundi s'ouvre le procès du chauffard, responsable de l'accident, qui conduisait avec 2,6 grammes d'alcool dans le sang. Pour Marie-France, l'épouse de Jean-Charles, c'est un soulagement. De nombreux recours déposés par le prévenu ont en effet retardé la date du procès à plusieurs reprises.

"Un irresponsable. Pas un assassin". L'épouse du pompier décédé pèse ses mots quand elle parle de l'homme jugé lundi. "C'est un irresponsable, complètement, et pour ça il doit payer. Mais un assassin, non. Ce n'est pas un tueur en série, n'exagérons pas", mesure Marie-France. Néanmoins, elle refuse de banaliser son comportement. "On banalise trop, on se retrouve avec des gens qui font des erreurs monstrueuses, qui volent des vies, foutent des vies en l'air, des familles, et se retrouvent avec quelques mois de sursis. On leur tape sur les doigts. Ce n'est pas possible : il faut que ces gens-là soient mis devant leurs responsabilités", exige-t-elle.

Elle refuse toute banalisation. Et pour Marie-France, ce qu'elle demande va bien au-delà de son cas personnel. "Je voudrais que ce ne soit pas banal de tuer quelqu'un dans un accident ou ailleurs. Je suis là pour remuer l'opinion, pour dire que tuer quelqu'un, ça n'a rien banal. A l'heure actuelle, c'est trop banal. Remuer l'opinion, c'est important pour moi", conclut-elle.