"Je suis sûr que Krombach a tué ma fille"

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"Je suis sûr que Krombach a tué ma fille"
@ MAXPPP
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André Bamberski attend le procès, mardi, de celui qu'il accuse d'avoir tué Kalinka en 1982.

André Bamberski attend ce procès depuis 29 ans. Mardi s'ouvrira, devant la cour d'assises de Paris, le procès de Dieter Krombach. Ce médecin allemand est accusé d'avoir tué sa belle-fille française, Kalinka, la fille de Bamberski, en 1982 en Allemagne.

Prêt à tout pour un procès

Le père de Kalinka a tout fait pour que le cardiologue soit jugé. Il est même allé jusqu'à faire enlever Dieter Krombach, pour le faire ramener de force en France en 2009 où il avait été retrouvé ligoté dans les rues de Mulhouse.

Retour en juillet 1982. Kalinka passe la journée à faire de la planche à voile sur lac de Constance. Le lendemain matin, elle est retrouvée morte dans son lit. Son beau-père, chez qui elle vit avec sa mère, explique d'abord qu'elle a succombé à une insolation. Puis il évoque une réaction à une piqûre pour qu'elle bronze mieux ou pour soigner une anémie.

"Je respecte son droit à la présomption d'innocence"

Des explications qui semblent suspectes à André Bamberski. D'autant que l'autopsie de Kalinka est alors bâclée, estime le père. "Le commun des mortels ne peut pas admettre le décès d'une jeune fille de 15 ans en pleine santé, très sportive", estime André Bamberski. "Je suis sûr que Krombach a violé et assassiné ma fille. Mais je respecte son droit à la présomption d'innocence", ajoute-t-il.

"Je cours le risque qu’il soit acquitté" :

Déjà condamné mais pas extradé

Même si l'affaire est classée par la justice allemande, André Bamberski ne désarme pas. Il porte alors plainte en France. Et en 1995, Dieter Krombach est condamné à 15 ans de prison. Mais l'Allemagne refuse de l'extrader.

André Bamberski le piste alors sans relâche. "Depuis 1997, je l'ai régulièrement surveillé en allant plusieurs fois par an en Autriche et en Allemagne pour être sûr de l'endroit où il se trouvait", raconte-t-il. En 2009, il décide de le faire enlever. "Ce n'est pas se faire justice soi-même, c'est remplir le travail des autorités chargées de l'exécution de la justice", justifie André Bamberski.

Une suspension du procès attendue

En attendant l'ouverture du procès, André Bamberski a épluché point par point tout le dossier dont les cartons ont envahi la chambre de Kalinka. Il se prépare à répondre aux avocats de Dieter Kombrach qui vont réclamer dès l'ouverture des débats la suspension du procès. Pour eux, leur client, qui clame toujours son innocence, a été remis en toute illégalité aux autorités françaises.