"Je ne suis pas content du tout"

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"Je ne suis pas content du tout"
@ MAXPPP
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A la vue des nouvelles zones inhabitables, le maire de l'Aiguillon est ressorti furieux de la préfecture.

"Je ne suis pas content du tout". C’est la seule et unique déclaration publique de Maurice Milcent, le maire de l'Aiguillon-sur-mer, à sa sortie de la réunion avec le préfet de Vendée. Lors de cette réunion, les représentants de l’Etat ont dévoilé en avant-première aux élus locaux la nouvelle cartographie des zones à risque de la commune après le passage de Xynthia.

Lors de la réunion de mercredi qui a duré deux heures, la première en Vendée avant celle de La Faute-sur-mer dans l'après-midi, le préfet Jean-Jacques Brot a présenté les nouvelles zones à risque le 28 février ainsi que les mesures d'indemnisation et de relogement prévues pour les propriétaires qui ne pourront plus habiter sur les lieux.

La crainte de la désurbanisation

Au vu de la réaction du maire de l’Aiguillon, on devine que la nouvelle carte des zones inhabitables risque de bouleverser cette station balnéaire. Les conseillers municipaux sont en effet sortis sans un mot de la mairie, le visage fermé.

Après avoir exprimé sa colère, le maire de l'Aiguillon a ajouté que son mécontentement ne concernait pas les mesures d'indemnisation. Ce sont donc la carte des nouvelles zones inhabitables ou les conditions de relogement qui posent problème.

1.400 habitations à détruire

Près de 1.400 habitations seront détruites car situées en zone "d'extrême danger", a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. Ces logements, au nombre de 798 en Vendée et de 595 en Charente-Maritime, figurent dans les "zones noires" délimitées par l'Etat "où les risques peuvent être mortels".

"Ces zones appelées zones noires doivent donc retourner à l'état naturel. Il n'est pas acceptable de laisser les habitants se réinstaller dans leurs logements", a expliqué le porte-parole. Le déménagement des occupants de ces habitations devrait se faire soit par "acquisition à l'amiable des biens", soit par "procédure d'expropriation engagée par l'Etat", a-t-il précisé.

Les habitants seront informés jeudi

Cette première réunion n’a eu lieu qu’en présence du conseil municipal et d’agents de la préfecture. Les propriétaires sinistrés devront attendre jeudi pour savoir si leur maison sera ou non détruite, les autorités ayant prévu de les informer lors de réunions publiques. La première aura lieu à l'Aiguillon-sur-mer à 10h30, la seconde à La Faute-sur-mer à 15h.

A l'Aiguillon-sur-Mer, 233 maisons ont été classées temporairement ou définitivement inhabitables et 334 à la Faute-sur-mer, commune voisine qui a connu le plus grand nombre de morts le 28 février lors de la tempête. Mardi, le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a déclaré qu’un "peu plus d'un millier" de personnes "ne pourront plus habiter dans leur maison", résidence principale ou secondaire.

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