Jacques Lafleur est mort

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Jacques Lafleur est mort
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La Nouvelle-Calédonie pleure la disparition de l'ancien député RPR décédé samedi.

Il était la figure de proue des anti-indépendantistes. Mais surtout le signataire des Accords de Matignon en 1988 avec le kanak Jean-Marie Tjibaou. Jacques Lafleur, l'ancien député RPR de Nouvelle Calédonie est décédé samedi à l'âge de 78 ans.

Terrassé par une crise cardiaque

Né le 20 novembre 1932, cet animal politique, constamment réélu pendant 20 ans, a été terrassé par une crise cardiaque dans sa résidence australienne d'où il a été transporté vers un hôpital sans pouvoir être ranimé. L'annonce de sa mort a suscité une vive émotion dans l'archipel et, malgré les controverses qui ont émaillé la fin de sa carrière, un concert de louanges unanimes.

"C'est un géant de la politique calédonienne qui nous quitte. Il a marqué de manière indélébile l'histoire du pays", a déclaré le président du gouvernement local, Philippe Gomes (droite modérée). Dans les rangs indépendantistes, Roch Wamytan, figure du FLNKS, a rendu hommage à "un homme qui avait une vision et à "un adversaire redoutable et coriace, qui inspirait un grand respect".

Jacques Lafleur a été l'homme du rassemblement en Nouvelle-Calédonie :

"L'homme de paix et de dialogue"

Actuellement en visite dans l'archipel, Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, a pour sa part salué "l'homme de paix et de dialogue". Fondateur du Rassemblement pour la Calédonie dans la République, il entre à l'Assemblée nationale en 1978, s'imposant comme le chef de file des anti-indépendantistes "caldoches" (Calédoniens d'origine européenne), face aux indépendantistes kanak. Lors des violences qui ont opposé les deux camps au début des années 1980, il incarne une ligne dure, hermétique à toute négociation avec le FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste, indépendantiste).

Pourtant, après la tragédie de l'assaut de la grotte d'Ouvéa, qui fit 21 morts dont 19 activistes kanak, il signe contre toute attente les accords de Matignon, le 26 juin 1988, sous l'égide du Premier ministre Michel Rocard, serrant la main de son ennemi d'hier, Jean-Marie Tjibaou, leader charismatique des Kanak.