Internet, un secteur à l'abri de la crise ?

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Internet, un secteur à l'abri de la crise ?
Le plan France numérique 2020, veut faire du numérique le premier moteur de croissance économique.@ MAXPPP
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Le plan France numérique 2020 veut faire de ce secteur le premier moteur de croissance.

Que représente le secteur Internet dans l'économie française ? Combien d'emplois ont été crées grâce au numérique ? Quel est l’impact de la crise sur ce secteur ?

Les Assises du numérique organisée à Paris depuis mercredi amorcent des éléments de réponse à ces questions. Éric Besson, ministre de l'Industrie et du numérique, a d'ailleurs profité de cette rencontre pour présenter son nouveau plan, France numérique 2020. Ce projet fixe 57 objectifs en faveur de l'économie numérique. Europe1.fr résume l’enjeu que constitue ce secteur.

Un quart de la croissance française

Selon les chiffres de l'Observatoire du numérique rendus publics lundi, Internet est un secteur clé pour la croissance française. Il représente en effet un chiffre d'affaires de 200 milliards d'euros, soit 5.2% du PIB en 2010, contre 3,2% en 2009. De fait, Internet contribue plus à la croissance que d’autres secteurs de l’économie tels que les transports, l’énergie, l’agriculture, la finance ou encore le commerce.

Au delà de cette contribution directe, le numérique est responsable d'un quart de la croissance française entre 2004 et 2009, selon le cabinet américain Mc Kinsey & Company. "Nous le rappelons régulièrement, dans notre histoire économique, aucun secteur, y compris l’automobile dans les années 60, n’est parvenu à une telle prouesse", insiste Gilles Babinet, le président du Conseil national du numérique lors des Assises du Numérique, interrogé par Europe1.fr.

1.5 million d'emplois en France

D’autant que ce développement exponentiel s'est accompagné d'importantes créations d'emplois. "En France, l'économie numérique a créé 700.000 emplois nets en 15 ans et en créera 450.000 supplémentaires d'ici 2015", estime Éric Besson. "Surtout des emplois qui sont massivement des CDI, à 82%, et des emplois qui, dans les startups, augmenteraient de 22% par an", affirme Gilles Babinet.

Le patron de Rentabiliweb, Jean-Baptiste Descroix-Vernier, incarne la réussite professionnelle des entrepreneurs du Web. Publicités, jeux en ligne, sites de rencontres et même porno : il mise sur de nombreux secteurs. Si bien que le multi-entrepreneur se positionne parmi les plus grosses fortunes du Web français, avec une fortune estimée à 84 millions d'euros, selon Challenges.

Membre du Conseil national du numérique depuis avril dernier, Jean-Baptiste Descroix-Vernier commentait au Figaro en avril dernier : "quand des sociétés d'autres secteurs licencient et font des plans sociaux, dans le même temps, des sociétés comme les nôtres n'arrêtent pas d'embaucher. Ce sont de nouveaux métiers, qui nécessitent de la formation".

"Sur le Web, tout est beaucoup plus facile"

Dans le sillage de Jean-Baptiste Descroix-Vernier, de nombreux entrepreneurs se lancent dans l'aventure. Stéphanie Delestre est de ceux-là. Passionnée de nouvelle technologie, la jeune quadragénaire a lancé en juillet dernier l'une des dernières sociétés de recrutement par Internet. Résultat : sa startup de huit personnes est en passe de devenir le premier service de mise en relation d'employeur-recruteur en Europe, selon Le Monde. "Sur le Web, tout est beaucoup plus facile, beaucoup plus rapide, beaucoup moins cher", commente-t-elle interrogée par Europe1.fr.

La crise, une aubaine sur Internet ?

C'est pour ces mêmes raisons que Jean Bourcereau a décidé, il y a 11 ans, d'investir dans le secteur d'Internet. Aujourd'hui, son fonds d'investissement Ventech vient en aide à une vingtaine de startups dans le monde entier. "Le secteur du numérique permet de créer de manière courte des entreprises qui vont croître rapidement", analyse Jean Bourcereau.

"Le Web est épargné par la crise. Je dirais même que la crise est un vecteur d'opportunité sur Internet. Il incite les talents à créer de nouveaux usages pour des gens qui, en période de crise, doivent réinventer leur façon de vivre", commente-t-il, interrogé par Europe 1.fr.

Une startup sur douze aboutit

Derrière, cette vision positive du secteur du numérique, la réalité à laquelle se confrontent les jeunes entrepreneurs est souvent plus contrastée. "Seule une startup sur deux aboutit au bout d'un an", explique à Europe1.fr, Alice Zagury, chef de projet du Camping, une structure mise en place pour aider les jeunes entrepreneurs à lancer et faire perdurer leurs projets sur Internet. Tous les six mois, 12 startups sont retenues par la structure pour bénéficier d'une bourse et d'un suivi professionnels pour mener à bien leurs idées.

Si l'initiative du Camping a permis l'an dernier de voir aboutir sept projets sur douze, cet organisme reste marginal. Pour combler ce manque de structures professionnalisantes, le plan France Numérique 2020 prévoit d'ailleurs de mettre l'accent sur la formation.

Généraliser Internet à tous les secteurs

"En France, nous devons à notre tour replacer l'université et l'enseignement supérieur au cœur de l'écosystème du numérique", confirme Gilles Babinet.

Mais le développement du secteur numérique passe également par l'introduction des nouvelles technologies dans tous les secteurs de l'économie. Pour les entreprises, à l'horizon 2020, "la maîtrise du numérique deviendra autant un enjeu de survie que de compétitivité. L'utilisation du numérique sera donc généralisée dans 100% de nos entreprises", a affirmé Eric Besson, rappelant qu'aujourd'hui plus de 95% des entreprises ont une connexion haut débit et plus de 60% un site internet.