Internet bastion de l’homophobie

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Internet bastion de l’homophobie
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Un rapport de SOS homophobie dénonce l'importance des propos homophobes sur la toile.

"Internet est devenu un bastion pour l’homophobie et un défouloir pour les propos les plus graveleux", s’inquiète l’association SOS homophobie dans son rapport annuel publié lundi, pour la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Ce document analyse tous les témoignages d’actes et discriminations, homophobes et transphobes, adressés par les victimes ou des témoins à l’association.

Sur 1.259 appels et courriels reçus en 2009, 16% des témoignages proviennent d’homophobie signalée sur internet. La toile devient ainsi, pour la première fois, le premier motif d’interpellation de l’association, devant le travail (14% des témoignages), le voisinage (13%), les lieux publics et la famille.

Commentaires en ligne

Les commentaires sur les sites d’information arrivent en tête des faits rapportés. Ainsi quand la joueuse de tennis Amélie Mauresmo a annoncé sa retraite sportive, les commentaires homophobes ont été nombreux. Dans 99 % des cas, une fois signalés, les messages sont retirés, observe Bartholomé Girard, le président de l’association. Les commentaires homophobes sont également très présents sur les sites de partage de vidéos.

Facebook

Facebook est lui aussi un lieu d’expression de l’homophobie où des groupes se créent tous les jours. Devant leur profusion, une plainte a été déposée en novembre 2009 "pour incitation à la haine contre les homosexuels", par un étudiant en droit d’Avignon. Elle est en cours d’instruction, c’est la première fois qu’une plainte contre Facebook n’est pas classée sans suite, note SOS homophobie.

Une autre plainte a été déposée contre le réseau social par Alexandre Marcel, un Arlésien qui s’était déjà illustré pour sa lutte contre la discrimination faite aux homosexuels sur le don du sang. Après avoir à cinq reprises alerté les modérateurs de Facebook sans succès au sujet de deux groupes homophobes, il a décidé de saisir la justice.

Jeux en ligne

"Une des surprises de l’année 2009 a été de voir le nombre relativement important de témoignages concernant des sites de jeux vidéo", note le rapport. SOS homophobie pointe ainsi le succès du jeu Escopeta, disponible sur différents sites. Le but est de tuer le maximum de gays, sous peine d’être violé par l’un d’entre eux.
Sans surprise, 16 % des témoignages reçus concernent des sites d’inspiration religieuse, lesquels sont les principaux vecteurs de l’amalgame homosexualité/pédophilie.