Infanticide : "besoin de comprendre"

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Infanticide : "besoin de comprendre"
@ MAXPPP
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Le père du 6e bébé a témoigné mercredi à Coutances, où l'accusée a été mise en difficulté.

Au fil de son témoignage, la voix de Luc Margueritte a faibli et s’est parfois brisée. Le père biologique du sixième nouveau-né tué par Céline Lesage, actuellement jugée à Coutances pour un sextuple infanticide, a fait part à la barre de son "besoin de comprendre", mais aussi de sa culpabilité. Il a également raconté comment il avait découvert l’horreur. Mais la principale accusée, une nouvelle fois mise en difficulté par le ministère public, ne semble pas en mesure d’apporter toutes les réponses aux interrogations de son ex-compagnon.

Luc Margueritte a dépeint Céline Lesage comme "quelqu'un d'honnête", de "prévenant", de "généreux". "Je n’ai eu que des exemples de bonté... à part le jour où j'ai pris cette grosse claque", a assuré l’homme de 39 ans, au visage émacié.

"J’ai vu la forme d’un pied"

Cette claque, c’était le 17 octobre 2007, dans la cave de l'appartement HLM de Valognes où il vivait avec l'accusée. "L'odeur était insoutenable. J'ai vu deux sacs dont l'un suintait. J'ai écarté les bords, j'ai découvert une chose blanchâtre", a-t-il raconté, avant d’enchaîner, la voix étranglée. "Et puis j'ai vu la forme d'un pied..." Il comprendra plus tard que ce pied est celui de sa petite fille, dont Céline Lesage a accouché seule quelques semaines plus tôt, alors qu'il dormait dans la pièce d'à côté.

"Je ne lui jette pas la pierre, je pense que c'est une maladie", a indiqué Luc Margueritte. En réponse à une question, il s’est certes dit "victime de Céline Lesage", mais a vite précisé : "Elle est aussi victime d'elle-même". Il s'en veut surtout de n'avoir pas su détecter la "détresse" de son ex-concubine: "Il y avait des signes indicateurs que j'aurais pu voir".

"J’ai pas pu faire ça"

Ce "besoin de comprendre" de Luc Margueritte n’aura pas été comblé mercredi. Malgré la pugnacité du ministère public, Céline Lesage n’a pu expliquer ses gestes. "Je n'ai rien préparé, tout était là à portée de main, les linges, les ficelles, les sacs poubelle", a sanglote l'accusée, visage pivoine sous ses cheveux noirs tirés en queue de cheval. "Ce que vous dites n'est pas crédible. Vous niez la réalité des faits", a rétorqué sèchement l'avocat général Eric Bouillard.

"Je suis coupable, je suis responsable, mais c'est pas possible, j'ai pas pu faire ça...", a-t-elle déclaré, avant de confesser : "Je peux plus dire ce que j'ai dit en garde à vue, c'est trop dur!". "Je crois que nous bloquons sur le pourquoi, mais aussi sur le comment", a alors déploré le président de la cour Hervé Locu, rappelant à l'accusée qu'elle avait promis dans une lettre à son père de "tout déballer" pendant le procès.