Ils veulent faire la #FrenchRevolution

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Ils veulent faire la #FrenchRevolution
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Europe1.fr dresse la fiche signalétique des "indignés", qui ont pris modèle sur les Espagnols.

Dans l’Hexagone, les rassemblements d’"indignés" se multiplient à Paris, Toulouse, Marseille, Montpellier ou encore Bordeaux. Depuis le vendredi 20 mai, 200 jeunes en moyenne campent chaque jour sur les marches de l’opéra Bastille, à Paris. Dimanche, ils étaient jusqu’à un millier, selon la police et les organisateurs, à se rassembler sur la place la plus révolutionnaire de Paris. Europe1.fr dresse la fiche signalétique de cette #FrenchRevolution.

D’où vient le mouvement ? Les "indignados", les "indignés" en français, sont apparus en Espagne, le 15 mai. Depuis cette date, des milliers de manifestants, essentiellement des jeunes, ont investi les principales places des grandes villes du pays. Parmi elles, la célèbre place de la Puerta del Sol, en plein centre de Madrid, où les jeunes "indignés" ont planté un village alternatif avec bâches et tentes. Le modèle espagnol a depuis fait des émules en Grèce et en France.

Qui sont-ils ? Au départ, les "indignés" de France étaient majoritairement des étudiants espagnols vivant en France, désireux d’afficher leur solidarité avec leurs camarades restés dans le pays. Depuis, les "indignados" comptent aussi parmi leurs soutiens des membres de collectifs comme Jeudi noir, Génération précaire, l’Appel et la pioche ou encore le Collectif du 21 avril. Mais le mouvement des indignés n’est pas étiqueté politiquement et n’a aucun leader identifié. Leur seule référence idéologique ? Le livre Indignez-vous du résistant Stéphane Hessel, âgé de 93 ans.

Qu’est-ce qu’ils revendiquent ? Comme leurs voisins espagnols, les indignés français protestent pêle-mêle contre le chômage (NDLR : qui touche un Français sur cinq de moins de 25 ans), la précarité, la corruption de la classe politique ou encore les excès du capitalisme. Leila, 28 ans, membre de l'Appel et la Pioche, en CDD à temps plein pour "1130 euros par mois", a rejoint la #FrenchRevolution. Pour elle, le mouvement des indignés a quelque chose d’universel. "La précarité des jeunes est vécue partout en Europe", s’enflamme la jeune femme. "On ne demande pas la lune mais un contrat de travail normal et un logement", ajoute t-elle.

Comment se font-ils entendre ? Sur le Net, le mouvement a parfaitement compris comment utiliser les réseaux sociaux et est très présent sous différentes appellations. Sur Twitter, les hashtags #FrenchRevolution, #SpanishRevolution et #YesWeCamp permettent de suivre les évènements en direct, de se donner rendez-vous, de publier les photos en live. Via l’outil paper.li, les Indignés proposent un journal quotidien en ligne, avec revue de presse, photos, vidéos, etc. Le site Internet Réelle Démocratie, créé en écho à l’espagnol Democracia real liste les actions menées en France et propose un forum de discussions. Des outils donc, mais pas de réelle plateforme lisible par tous. C’est peut être là tout le paradoxe des "Indignés".

A quoi aspirent-ils à long terme ? "Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir" peut-on lire sur les slogans. A un an de la campagne présidentielle, le mouvement des Indignés a-t-il les moyens de se faire entendre ? "C’est l’expression d’un malaise de la jeunesse", estime Julien Bayou, l’un des fondateurs de Jeudi Noir, élu au Conseil régional d’Ile-de-France sous la bannière d’Europe Ecologie. Pour autant, la coordination nationale, voire internationale des actions, ne semble pas à l’ordre du jour. "Tout l’enjeu maintenant, c’est de formuler une parole collective commune", reconnaît Leila.