Ils auraient aidé Colonna en cavale

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Ils auraient aidé Colonna en cavale
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Cinq personnes accusées d’avoir aidé l’assassin du préfet Erignac sont jugées en appel.

Le premier jugement avait été considéré comme trop clément par le parquet. Cinq personnes poursuivies pour avoir aidé Yvan Colonna durant sa cavale, après l'assassinat du préfet Erignac en 1998 en Corse, sont jugées en appel depuis jeudi à Paris. L'avocat général a requis jeudi des peines de 2 ans à 5 ans d'emprisonnement avec sursis contre trois prévenus et la relaxe pour Claude Serreri et Frédéric Paoli. La cour d'appel rendra sa décision le 23 mai.

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Quatre ans de cavale. Le 6 février 1998, le préfet de Corse est tué de trois balles dans la nuque à Ajaccio. Durant l’enquête, en 1999, le nom d'Yvan Colonna apparaît. Mais, malgré la surveillance des policiers, il part en cavale. Elle sera longue de quatre ans. Yvan Colonna s'est finalement arrêté près d’Olmeto le 4 juillet 2003. Les policiers apprendront alors que, sous le pseudonyme de Thierry, il a vécu une existence quasi-normale.

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André Colonna d’Istria, le chef présumé. Pendant sept ans, ce membre fondateur du mouvement Corsica Viva, créé en 1996, a nié avoir aidé Yvan Colonna pendant sa cavale. Ce n'est que lors du procès en première instance que ce fervent militant nationaliste a confié lui avoir "rendu service". André Colonna d'Istria, gérant d'un camping de Propriano, avait en effet "reconnu avoir amené Yvan chez Frédéric Paoli", le propriétaire de la bergerie d'Olmeto où Colonna a finalement été interpellé le 4 juillet 2003.

Selon André Colonna d'Istria, âgé aujourd'hui de 55 ans, la personne qui lui a amené le fugitif est "une connaissance proche, qui est loin d'être militant nationaliste (...) et était persuadée de l'innocence d'Yvan". Il lui a alors simplement "rendu service", en lui dénichant un endroit où se cacher. Mais pour l'accusation, André Colonna d'Istria est désigné comme l’un des organisateurs de la cavale.

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Frédéric Paoli, l’exécutant. Agé de 53 ans, le propriétaire de la bergerie Monti Barbattu, à Olmeto, n’est pas un proche de Colonna. Il l’aurait accueilli dans sa ferme, où il élève un cheptel de 180 chèvres, à la demande d'André Colonna d'Istria. Le berger de Cargèse y séjournera d’avril à la mi-octobre. Il y aurait reçu des visites, de son beau-frère Claude Serreri et d’un autre homme "bègue", jamais identifié par la justice. Colonna partira de cette bergerie à l’automne 2001. Avant de revenir en juin 2003. Frédéric Paoli a reconnu avoir hébergé Yvan Colonna "en connaissance de cause", et conteste avoir subi toute pression de la part de André Colonna d'Istria.

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Patrizia Gattaceca, le soutien. Contrairement à nombre de ses co-accusées, la chanteuse corse, qui a obtenu une Victoire de la musique en 1992, n’a jamais caché avoir aidé Yvan Colonna au cours de sa cavale. Les deux amis s'étaient connus lorsqu'ils étaient étudiants à Nice dans les années 1970. Celle qui a toujours assumé ses sympathies nationalistes réfute toutefois l'idée d'une "allégeance" à une idéologie.

"Je l’ai fait, je l’ai dit, je l’assume" :

Lors de ses auditions, Patrizia Gattaceca, aujourd'hui âgée de 55 ans, avait très vite reconnu avoir hébergé Yvan Colonna à l'été 2002, puis autour de Noël de la même année, dans sa maison de Penta Acquatella, entre Bastia et Corte. Elle avait dit l'avoir aidé car elle était "intimement convaincue qu'il est innocent".

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Marc Simeoni, l'aide logistique. Fils du chef nationaliste Edmond Simeoni, Marc Simeoni, 39 ans, aurait hébergé Yvan Colonna dans son appartement de Bastia. Ce professeur à l'université de Corte lui aurait commandé des livres sur Internet, prêté du matériel informatique et même pris des rendez-vous chez le médecin. Marc Simeoni aurait donc joué un rôle fondamental dans cette cavale. Durant le procès en première instance, il avait pourtant nié fermement avoir aidé Yvan Colonna. Sans convaincre.

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Claude Serreri, le beau-frère. Le fuyard aurait également bénéficié de l'aide de Claude Serreri, le frère de son ancienne compagne, avec laquelle il a eu un enfant. Aux yeux de l'accusation, ce gérant de bar a apporté "un soutien actif" à son ami d'enfance et ex-"beau-frère". Le cuisinier âgé de 56 ans lui aurait rendu visite à plusieurs reprises dans la bergerie lui apportant de la nourriture et quelques vêtements.