Illettrisme : "dépendant des autres"

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Illettrisme : "dépendant des autres"
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TEMOIGNAGE - Didier, ouvrier, a du mal à lire et écrire. Il demande l'aide de ses collègues.

"Ca m’arrive de demander à mon collègue de me remplir une feuille de travail", témoigne Didier, qui rencontre des difficultés pour lire et écrire. A l’occasion de la Journée nationale de lutte contre l'illettrisme dans l'emploi, rencontre avec ce salarié, dont le métier est de creuser des tranchées pour poser des canalisations.

Travailleur manuel, Didier, qui fait partie des 8% de salariés touchés par l’illettrisme, a toujours pensé qu’il pourrait se passer de la lecture et de l’écriture, qui ne sont pas son fort. Résultat : il a tout oublié.

Il doit donc, de temps à autre, compter sur ses collègues, lorsqu’il a à déchiffrer un courrier, ou à en écrire un. "On est dépendant des autres, des gens qui savent mieux lire que nous", confie le salarié.

Un stage de remise à niveau

Mais le métier évolue, et Didier ne pourra pas compter éternellement sur l’aide discrète de ses collègues. C’est pourquoi il s’est inscrit, l’an dernier, à un stage de remise à niveau proposé par son employeur, la SADE.

Pendant six mois, tous les samedis matins, il suit quatre heures de cours, dans le cadre d’une formation mise au point par Gérald Lefèvre. "Souvent ce sont d’excellents professionnels, mais pour pouvoir évoluer c’est obligatoire d’avoir ces savoirs. Savoir lire des panneaux, comprendre un plan de pose, commander un camion pour avoir le sable ou la terre", témoigne ce dernier.

L’objectif est difficile à atteindre : convaincre les salariés concernés sans les stigmatiser.