Ile de la tentation : des "artistes" ? non...

  • A
  • A
Ile de la tentation : des "artistes" ? non...
La Cour de cassation a rejeté mercredi la requête d'ex-candidats de l'Ile de la Tentation, estimant qu'ils ne jouent pas de rôle.
Partagez sur :

La justice a rejeté la requête de candidats, estimant qu'ils ne jouaient pas un rôle.

L'info. Non, bronzer sur une plage paradisiaque, entourée de séduisants éphèbes pendant que son compagnon se fait langoureusement enduire d'huile à bronzer par une bimbo n'est pas un rôle et ne justifie pas d'obtenir le statut d'"artiste-interprète". La Cour de cassation a débouté mercredi 53 anciens participants à l'émission de télé-réalité L'Ile de la tentation qui revendiquaient une telle requalification de leur statut.
Un statut et de l'argent. 56 anciens participants de cette émission estivale de TF1 avaient obtenu de la cour d'appel de Versailles l'existence d'un contrat de travail et la condamnation de TF1 pour violation du droit du travail le 5 avril 2011. Ils avaient ainsi gagné entre 15.000 et 17.000 euros en compensation. Mais le tribunal avait refusé de leur reconnaître le statut d'"artiste-interprète", qui leur aurait permis de se voir accorder un peu plus du double de cette indemnisation.
La plupart d'entre eux avait alors porté l'affaire devant la Cour de cassation. Lors de l'audience le 26 mars denrier, l'avocat des candidats et celui de la chaîne s'étaient notamment opposés sur un document cadrant le déroulement de l'émission. Une "bible", démontrant la "scénarisation" de l'émission, qui met à l'épreuve la solidité de couples non mariés face à des tentatrices et des tentateurs sur une île exotique, selon Me Patrice Spinosi, conseil des participants. Pour l'avocat de TF1 production, Me Damien Célice, il ne s'agit que d'un document où figurent des "considérations essentiellement logistiques sur les conditions de tournage".
"Aucun rôle à jouer". Dans leur arrêt rendu public mercredi, les Sages ont rappelé que la cour d'appel de Versailles avait relevé que les participants "n'avaient aucun rôle à jouer ni aucun texte à dire, qu'il ne leur était demandé que d'être eux-mêmes" et que "leur prestation n'impliquait aucune interprétation". Ils ont donc jugé que c'est "à bon droit" que la reconnaissance du statut d'artiste-interprète leur avait été refusée.
Pour l'avocat des candidats, Me Patrice Spinosi, la cour "refuse ainsi d'aller jusqu'au bout de la logique qu'elle avait initiée en 2009 en reconnaissant l'existence d'un contrat de travail". "Ainsi il est acquis qu'un participant est un salarié mais il n'a aucun statut, il n'appartient à aucune catégorie. Il travaille, certes, mais sans que personne ne sache à quoi", a poursuivi Me Spinosi. Avant de conclure : "ce sont les fantômes de la télé-réalité".