Il refusait de recruter des Maghrébins

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Il refusait de recruter des Maghrébins
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Un patron juif a été condamné à 5.000 euros d'amende. Pour lui, il s'agissait d'une "mesure de précaution".

Il dit avoir agi par "précaution". Le gérant juif d'une entreprise d'édition à Montreuil, en Seine-Saint-Denis a été condamné à 5.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Bobigny. Une décision conforme aux réquisitions du parquet qui réclamait mi-avril une amende de 5.000 à 6.000 euros. Le patron comparaissait pour "discrimination à l'embauche" après avoir publié une annonce sur Pôle Emploi en précisant refuser l'embauche de Maghrébins "par précaution", afin selon lui "d'éviter les tensions", rapporte Le Parisien.

Tout Maghrébin représente "un risque". Portant barbe et kippa, Jean-Luc Benady, avait lors de l'audience totalement assumé avoir enfreint la loi, qui interdit de trier les candidats en fonction de l'origine ou de la religion, expliquant qu'il s'agissait d'une "mesure de précaution". Pour lui, tout Maghrébin représente "un risque", car il peut avoir "un père, un frère" qui "n'aime pas" les juifs. Dans ces conditions, hors de question de confier à un Maghrébin les clés de son entreprise pour y faire le ménage tous les soirs, avait-il expliqué au tribunal.

"Principe de précaution comme avec les OGM". En tant que juif, "si je sors dans la rue dans le 93, il se peut que je ne revienne pas vivant", a dit ce père de quatre enfants, expliquant appliquer aux Maghrébins le "principe de précaution comme d'autres l'appliquent aux OGM". Le patron a également invoqué l'affaire Merah pour justifier sa crainte des agressions.

D'autres affaires consacrées aux discriminations. Jean-Luc Benady comparaissait lors d'une audience spéciale "discriminations" organisée par le tribunal de Bobigny. Une responsable qui avait refusé l'embauche d'une femme enceinte pour faire la réclame de céréales diététiques dans un centre commercial a dans ce cadre été condamnée jeudi à 1.000 euros d'amende. Le délibéré d'une troisième affaire, celle d'un intérimaire musulman portant une barbe, recruté comme agent de piste à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, puis renvoyé chez lui à la dernière minute par un responsable, doit être rendu le 4 juillet.