Il refusait de couper l’eau aux foyers défavorisés

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Il refusait de couper l’eau aux foyers défavorisés
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JUSTICE - Licencié par Veolia en avril 2013, le Robin des Bois des robinets est jugé jeudi par le conseil des prud’hommes d’Avignon.

L’INFO. Le fait de refuser de rendre plus difficile le quotidien de familles déjà dans le besoin est-il une faute grave ? C’est la question à laquelle devra répondre jeudi le conseil des prud’hommes d’Avignon. Marc, 49 ans, dont 20 comme employé de Veolia, a été licencié en avril 2013 parce qu’il refusait de couper l’eau aux foyers défavorisés qui ne pouvaient pas payer leurs factures. Entre 2006 et 2013, il aurait protégé environ 1.000 familles. La justice va décider s’il doit être réintégré à l’entreprise.

“On me l’a imposé”. Pour Marc, on lui imposait une tâche qu’il avait indiqué ne pas vouloir effectuer. Le problème, c’est que les “fermetures de branchements” font partie de son travail. Depuis 2006, il avait été convoqué à plusieurs reprises par sa direction qui lui avait rappelé les consignes de travail.

“J’ai toujours dit que ce n’était pas un travail pour moi, que je ne me sentais pas de le faire, mais on me l’a imposé, a-t-il plaidé au micro d’Europe 1. On allait chez des gens qui étaient en détresse. Je me souviens d’une situation dans une maison où il y avait une femme seule qui pleurait parce qu’elle n’avait rien dans le frigo pour donner à manger à ses enfants”.

Pour lui, couper l’eau d’une famille défavorisée était un crève-cœur. “C’est de la souffrance au travail. Il est arrivé qu’on ait des problèmes de violence avec des clients. Quand on vient pour leur couper l’eau, ce n’est pas de gaieté de cœur qu’ils vous reçoivent. On a même eu des menaces de mort parfois”, a-t-il expliqué.

Une partie du travail. Du côté de Veolia, on réfute les arguments du désormais ex-employé. “Nous sommes une société avec des règles, on ne choisit pas les tâches à effectuer”, rappelait au mois d’avril 2013 Bruno Challoin, le responsable Véolia pour le secteur Gard-Lozère-Alpes-Provence, au micro d’Europe 1.

Pour l’entreprise, les personnes que protégeait Marc étaient de mauvais payeurs et non pas de simples victimes. “Les personnes défavorisées relèvent des services sociaux (qui) prennent en charge tout ou partie” des factures, confirmait à Europe 1 Brunon Challoin, à l’époque du licenciement de l’employé.

Fixé jeudi. La situation va être clarifiée par le conseil des Prud’hommes d’Avignon. La justice devra décider si le comportement de Marc justifiait un licenciement pour faute lourde. “Aujourd’hui le plus important, c’est que je retrouve mon travail pour pouvoir terminer ma carrière”, précise le principal concerné. Un rassemblement pour le soutenir est organisé dans la journée devant le conseil des prud’hommes.

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