Il n’y a pas de "ghettos" en France

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Il n’y a pas de "ghettos" en France
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L’Ined affirme que la ségrégation des immigrés existe, mais refuse de parler de "ghettos".

De la ségrégation, oui. Mais des "ghettos", sur le modèle américain, non. Une étude de l’Ined publiée jeudi révèle que les immigrés d’origine maghrébine, subsaharienne, turque ou asiatique sont bien victimes de ségrégation. Pour autant, l'enquête baptisée "Trajectoires et origines" assure qu’il n'existe pas de véritables "ghettos" dans l'Hexagone.

Statistiquement, les immigrés non européens ne forment la majorité de la population dans aucune des communes d'Ile-de-France par exemple. Et si on prend en compte un territoire où vivent 5.000 habitants, seulement moins de 5 % d'entre eux sont majoritaires dans leur quartier.

Une ségrégation en fonction des origines

Pour autant, ces 20 dernières années, la ségrégation des immigrés a fortement progressé, notamment en Ile-de-France. Dans le détail, sur les 5,1 millions d’immigrés en France, la moitié vient du Magheb, d’Afrique subsaharienne ou encore de Turquie. Et les deux-tiers d’entre eux se concentrent dans trois régions : plus de 40 % en Ile-de-France, 10% en Rhône-Alpes et autant en région Provence Alpes-Côte d'Azur.

28% de ces immigrés habitent dans des quartiers sensibles, où le taux de chômage est au plus haut. Et ce alors que la ségrégation n’est pas proportionnelle à son effectif sur l’ensemble du territoire, note l’étude. Les immigrés turcs, par exemple, souligne l'enquête, qui ont beau être en nombre réduit, subissent une forte ségrégation. Et a contrario, les immigrés portugais - presque aussi nombreux que ceux du Maroc ou d'Algérie -, y sont moins sujets.

Des bailleurs qui ne facilitent pas l'intégration

Enfin, "les Maghrébins, les Subsahariens, les Turcs et les Asiatiques ont deux fois plus de difficultés à déménager des quartiers sensibles que la population majoritaire", assure l’auteur de l’étude Jean-Louis Pan Ké Shon interrogé par Europe 1. Selon lui, certains bailleurs privés "refusent de leur louer des appartements parce qu’ils sont d’origine immigrée". Pire, assure-t-il, certains "bailleurs sociaux leurs réservent le parc le moins avantageux ou le moins agréable".

Le phénomène pourrait toutefois s'estomper dans les années à venir : les enfants de ces Maghrébins, Africains, Turcs ou encore Asiatiques sont moins concentrés dans les quartiers défavorisés. Aujourd’hui, les filles et fils d’immigrés déménagent plus facilement que leurs parents.