Il faut (déjà) sauver la prison de Condé-sur-Sarthe

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Il faut (déjà) sauver la prison de Condé-sur-Sarthe
@ Capture Google streetview
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RIPOSTE - L'administration tente d'apaiser cet établissement, inauguré en avril et déjà théâtre de graves violences.

L'INFO. C'est la prison centrale la plus sécurisée de France. Un modèle, une prison pilote pour l'avenir des structures carcérales en France, inaugurée il y a six mois à peine... Sauf que depuis trois semaines, la prison de Condé-sur Sarthe-Alençon, dans l'Orne, a été le théâtre de trois incidents graves. Un surveillant a d'abord été pris en otage le 30 décembre puis un autre poignardé le 2 janvier. Enfin, vendredi dernier, c'est cette fois le directeur adjoint qui a été blessé à coups de lame par un détenu. Les syndicats de surveillants, confrontés à des détenus dangereux, décrivent une poudrière. De son côté, l'administration pénitentiaire vient de réagir et présente des mesures pour enrayer la spirale de la violence.

Des détenus dangereux sont regroupés là. Première disposition prise en urgence : l'administration a décidé d'arrêter de concentrer à la centrale de Condé-sur-Sarthe tous les profils les plus dangereux de France. Des longues peines, mais surtout des personnalités ingérables exclues de leurs précédents établissements pour des problèmes de comportement, qui étaient jusqu'alors regroupées à la centrale. L'administration va désormais mélanger les profils.

Une formation spéciale de deux jours va également être assurée aux surveillants, dont la moitié est à peine sortie de l'école, par les Équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris), les unités d'élite de la pénitentiaire.

Remotiver les troupes et "apaiser les tensions". Des mesures qui apparaissent désormais indispensables pour remotiver les troupes, comme l'explique, au micro d'Europe 1, Bruno Clément-Petremann, chargé de la sécurité au sein de la direction de l'administration pénitentiaire. "On leur dit 'effectivement vous avez une mission difficile, vous recevez ici des détenus pour lesquels on a été en situation d'échec par ailleurs et vous devez leur faire quitter l'établissement pour qu'ils reprennent un cours d'exécution de peine plus normal'", précise-t-il.

"Je pense que c'est de nature à apaiser les tensions. Maintenant, on sait très bien que les incidents en milieu carcéral peuvent survenir à n'importe quel moment. Et ce n'est pas parce qu'on aura un incident ou un deuxième incident répété que l'on sera mis en échec pour le projet que nous avons pour la structure", poursuit-il.

Condé-sur-Sarthe ne peut être un échec. Le message est clair. Pour l'administration, il n'est pas question de rater le pari de Condé alors qu'une autre prison ultra-sécurisée doit prochainement voir le jour. La directrice de l'administration pénitentiaire viendra d'ailleurs elle-même faire le point sur place à la fin du mois de janvier.

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