Ikea : deux nouveaux responsables visés

  • A
  • A
Ikea : deux nouveaux responsables visés
Deux anciens dirigeants d'Ikea France sont mis en disponibilité dans le cadre de l’affaire d’espionnage présumé qui touche le géant de l’ameublement.@ MAXPPP
Partagez sur :

Le géant de l’ameublement a mis en disponibilité l’ancien patron d’Ikea France et une ex-DRH.

Les têtes commencent à tomber chez Ikea. Deux anciens dirigeants de la filiale française du groupe suédois sont mis en disponibilité, a annoncé l'actuel directeur général d'Ikea France, Stefan Vanoverbeke, dans le cadre de l’affaire d’espionnage présumé qui touche le géant de l’ameublement.

Deux dirigeants "mis en disponibilité"

Il s’agit de Jean-Louis Baillot, l'ancien directeur d'Ikea France, et de Claire Hery, une ancienne DRH. Ils sont "mis en disponibilité, parce qu'il y a la présomption d'innocence", et "en accord mutuel, pour mieux pouvoir coopérer avec les autorités", a annoncé mercredi Stefan Vanoverbeke.

Cette décision survient une semaine après les premières révélations du Canard Enchaîné sur un "flicage" présumé de certain s salariés et de clients. Jeudi dernier, la justice a lancé une enquête préliminaire consécutive à une plainte déposée par le syndicat Force ouvrière.

Baillot aurait "cautionné" l’espionnage

Selon Mediapart, Jean-Louis Baillot, directeur général d'Ikea France de 1996 à fin 2009 et aujourd’hui employé d'Ikea International, aurait lui-même "cautionné et supervisé l'espionnage d'au moins une salariée", une cadre du groupe soupçonnée d'abuser d'un arrêt maladie pour séjourner au Maroc.

A l'appui de ses affirmations, Mediapart a publié lundi les facs-similés de courriels échangés en décembre 2008 entre l’ancien patron d’Ikea France, Claire Hery et Jean-François Paris, le responsable de la sécurité du groupe au coeur de l'affaire. Ce dernier a déjà été mis en disponibilité par Ikea la semaine dernière, après les premières révélations du Canard Enchaîné.

Des cadres savaient

Dans son édition de ce mercredi, le journal satirique affirme également qu'"une flopée de cadres dirigeants" d'Ikea France "étaient abreuvés d'informations volées" sur des salariés et des clients. Le Canard Enchaîné publie des extraits de courriers électroniques, montrant que "bien souvent, le Monsieur Sécurité transmettait en copie les informations illicites aux patrons des magasins", ainsi qu'à "la haute hiérarchie, au siège social de la société". Parmi les destinataires de ces courriers, la responsable du recrutement au siège, le directeur financier adjoint, le chargé des relations clients, le directeur général et celui des ressources humaines.

"Je désapprouve fortement toutes les pratiques décrites dans la presse", a affirmé Stefan Vanoverbeke à l'AFP. Ces accusations "sont graves et je les prends très au sérieux. On va prendre tout le temps nécessaire pour comprendre ce qui s'est passé", a-t-il dit. "C'est pour cela que nous avons commencé une enquête avec le cabinet externe Skadden Arps, et évidemment on va aussi coopérer d'une manière ouverte et constructive avec l'enquête judiciaire", a-t-il conclu.