Ikea accusé de discrimination raciale

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Ikea accusé de discrimination raciale
@ REUTERS
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Déjà poursuivi pour surveillance illégale, le géant suédois est visé par une nouvelle plainte.

Les plaintes se suivent mais ne se ressemblent pas pour Ikea. Outre les soupçons d’espionnage, le géant de l’ameublement suédois est accusé par le syndicat CGT de "discrimination raciale et syndicale" dans une plainte déposée vendredi à Versailles.

La discrimination après l’espionnage ?

Cette nouvelle affaire est la suite logique d’une première procédure entamée pour espionnage. Le groupe Ikea a en effet chargé plusieurs sociétés de sécurité de surveiller ses employés pour déceler des motifs susceptibles d’enclencher une procédure de licenciement.

C’est dans le cadre de ce dossier qu’ont été rendus publics plusieurs rapports réalisés par ces sociétés de surveillance. L’origine "africaine et nord-africaine" d’une partie des employés est notamment soulignée pour expliquer les problèmes identifiés par l’entreprise.

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© MAXPPP

L’origine "africaine et nord-africaine" en question

Pour étayer sa plainte contre X, la CGT pointe notamment un passage des rapports de surveillance "jusqu'à ce jour restés confidentiels". "Le magasin est situé en Seine-Saint-Denis, sa clientèle est composée en grande partie de personnes issues de l'immigration africaine et nord-africaine", indique l’un des documents.

"Cette clientèle n'a pas la même approche socioculturelle du commerce, des comportements ni des codes linguistiques que prône la philosophie Ikea. Il convient de mener simultanément plusieurs actions afin d'enrayer ce trafic, de stopper le vol et la dégradation de marchandises et de diminuer les incivilités", est-il encore écrit.

Une première cible d’Ikea réintégrée

Si la justice ne s’est pas encore prononcée sur ces deux plaintes, Ikea a d’ores et déjà été contraint de réintégrer l’une de ses principales cible, le délégué syndical FO, Adel Amara. Licencié fin 2011, ce dernier a été réintégré mercredi sur décision du ministère du Travail, considérant que l'autorisation de le licencier avait été prise "à l'issue d'une procédure contradictoire irrégulière".

"Nous nous félicitons de cette décision qui est un premier pas vers la reconnaissance des dérives juridiques et morales du système Ikea", ont déclaré les avocats des salariés, Me Yassine Yakouti et Me Sofiane Hakiki. Et leur combat est loin d’être fini : "au-delà des excuses plates, nous souhaitons obtenir des sanctions pour ces pratiques illégales et anti-démocratiques".