Ibrahima: Justice et police se défendent

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Ibrahima: Justice et police se défendent
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La famille de la mère d'Ibrahima accuse pourtant la police "de ne pas l'avoir assez écouté".

Le parquet a fait "preuve de réactivité" face aux menaces de mort proférées contre la mère du petit Ibrahima par son ancien compagnon qui a avoué avoir tué la jeune femme, a déclaré jeudi le procureur de Créteil, Jean-Jacques Bosc. Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, a tout de même ordonné l'ouverture d'une enquête. Car les accusations portées par les proches de la jeune femme assassinée son particulièrement graves.

Michel-Antoine Thiers, du syndicat national des officiers de police (SNOP), estime que la police et la justice ont bien fait leur travail.

Le policier répond à Alain Acco :

Le frère de la victime accuse en effet la police "de ne pas avoir assez écouté" ses appels à l'aide. "La fois où j’ai dû sortir de la maison parce qu’il s’est engueulé avec ma sœur, la police est venue, mais ils l’ont laissé partir. Ils ne lui ont même pas passé les menottes, ne l’ont pas amené au commissariat parce qu’il n’avait pas le droit d’être là, raconte le jeune homme au micro d’Europe 1 Pour moi, la justice a failli". "Ça faisait plus de six mois qu’elle se plaignait, enchérit la sœur de la victime, au bord des larmes. Ils auraient dû la protéger. Pas la laisser mourir. La protéger."

Contrôle judiciaire

Le père d'Ibrahima a avoué mercredi avoir enlevé son enfant et tué sa mère, son ancienne compagne, dont le corps avait été retrouvé la veille à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

Selon le procureur, le suspect âgé de 28 ans avait été interpellé et placé en garde à vue le 7 janvier, trois jours après le dépôt d'une plainte de la victime pour menaces de mort. Il a ensuite été condamné le 9 février à quatre mois de prison avec sursis assortis d'une interdiction d'entrer en relation avec la victime, a-t-il expliqué. "Cette interdiction a été respectée" jusqu'au jour du meurtre, a-t-il ajouté.

Mis en examen dans une affaire de viols depuis 2006, le père du petit Ibrahima était par ailleurs soumis à un autre contrôle judiciaire, en vertu duquel il n'avait pas le droit de résider dans le Val-de-Marne.