Huit salariés de Servier auditionnés

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Huit salariés de Servier auditionnés
Trois salariés du groupe pharmaceutique Servier ont été placés en garde à vue mardi. Le siège a été perquisitionné dans le cadre d'une enquête sur le Mediator.@ MAXPPP
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Le siège du groupe a été perquisitionné mardi dans le cadre d'une enquête sur le Mediator.

L'affaire du Mediator relancée sur fond de destruction de preuves. Huit salariés des laboratoires Servier ont été placés mardi en garde à vue à Nanterre. Ils ont été entendus par les gendarmes dans le cadre d’une enquête ouverte en décembre dernier, en marge de l’affaire Mediator, pour destruction de preuves.

C’est également dans ce cadre que les gendarmes ont perquisitionné le siège du groupe à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, où le laboratoire pharmaceutique a déménagé fin 2011. Toutefois, Servier conteste le terme de "perquisition", évoquant la visite d'un gendarme pour apporter les convocations des employés. Le groupe n'a pas précisé sous quel statut ses salariés ont été auditionnés.

Des documents détruits en 2011

Les enquêteurs cherchent à savoir quels documents ont été détruits dans les locaux du laboratoire pharmaceutique, en 2011, grâce à une broyeuse, comme le rapporte l’un des salariés du groupe sur procès verbal. Le laboratoire a souligné que ces nouvelles auditions font "suite à une interview d'un ancien salarié publiée dans le journal Le Monde en octobre 2011 dans lequel il témoigne de destructions de documents, en précisant toutefois ne pas connaître la nature des dits documents".

Chez Servier, on se défend d’avoir voulu faire disparaître des documents sensibles liés à l’affaire Mediator. "Nous broyons des documents tous les jours comme toutes les sociétés", assure Lucie Vincent, la directrice des relations extérieures chez Servier, qui précise que ça a été particulièrement le cas l’an dernier, en raison du déménagement du siège social de Neuilly-sur-Seine à Suresnes.

De plus, précise-t-elle, "on détruit d’autant plus de documents dans l’industrie pharmaceutique, un secteur très concurrentiel. Et les travaux de recherche ne doivent pas tomber dans les mains de la concurrence".

Pas la première perquisition

En février, plusieurs perquisitions avaient déjà été menées au siège de l'Agence du médicament (Afssaps) à Saint-Denis et aux domiciles de plusieurs responsables de l'Agence, dans le cadre de l’affaire Mediator. Utilisé par cinq millions de personnes en France, le médicament est suspecté d’avoir causé la mort de 500 à 2.000 patients.