Hôtel Paris-Opéra : le procès huit ans après

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Hôtel Paris-Opéra : le procès huit ans après
@ MAXPPP
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Les gérants, le veilleur de nuit et de sa compagne sont jugés pour l'incendie qui avait fait 24 morts.

L'INFO. Il y a huit ans, une nuit d'avril, l'hôtel Paris-Opéra partait en fumée, ravagé par un incendie meurtrier. Le bilan est dramatique : 24 morts dont 11 enfants et 9 femmes parmi les familles étrangères en difficulté logées dans l'établissement. Le procès de quatre personnes, les gérants, le veilleur de nuit et sa compagne, soupçonnées d'être responsables de ce terrible sinistre débute jeudi à Paris. Un procès qu'a longuement attendu Adama Koné, dont la femme figure parmi la liste des victimes. Il témoigne jeudi au micro d'Europe 1.

"Des cris que je n'avais jamais entendu".  Adama  n'a rien oublié de cette nuit d'horreur. Il est une heure du matin quand l'alarme incendie se déclenche.  Il est alors dans sa chambre, qu'il partage au 5e étage avec sa femme, enceinte de 9 mois, et son fils. En quelques secondes, la fumée est partout.  "C'était l'enfer", se souvient-il aujourd'hui.

>> Le témoignage d'Adama  : "des cris que je n'avais jamais entendus" :



Hotel Paris-Opéra : "des cris que je n'avais...par Europe1fr

"C'était l'obscurité la plus totale. Des boules de feu rentraient dans la pièce. La température était vraiment, vraiment, élevée", raconte Adama.  "Je ne voyais pas ma femme mais j'entendais des cris que je n'avais entendu : les gens criaient, criaient, criaient jusqu'à la fin. Tu sens que la personne est en train de mourir. A ce moment là, j'avais le choix : soit je restais dans la chambre avec toute la fumée, soit je sautais".

Eviter qu'un tel drame ne se reproduise. Adama passe par la fenêtre et réussit à monter sur le toit de l'hôtel pour aller chercher des secours. Mais sa femme meurt asphyxiée. Aujourd'hui, il est aide cuisinier et vit dans un logement social avec son fils. Chez lui, aucun esprit de vengeance.  Il confie attendre ce procès pour éviter un nouveau drame similaire. Seul regret : le Samu social, qui les avait envoyés dans cet hôtel, et la préfecture de Paris, chargée des contrôles, ne sont pas sur le banc des accusés à côté des gérants, du veilleur de nuit et de sa compagne qui a accidentellement mis le feu au bâtiment.