Hôpitaux publics : des tarifs "indécents"

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Hôpitaux publics : des tarifs "indécents"
@ MAX PPP
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60 millions de consommateurs dénonce les dépassements d'honoraires dans le public.

4.500 euros pour une prothèse de hanche. Ce tarif rappelle ceux pratiqués dans les établissements privés. Pourtant, c'est bien dans un hôpital public que ce prix a été relevé. Pour une telle opération, le prix remboursé par la Sécu se limite à 460 euros. L'établissement public fait donc payer près de 10 fois plus cher que les prix conventionnés.

Cet exemple, parmi beaucoup d'autres, est cité par 60 millions de consommateurs dans une enquête sur les dépassements d'honoraires à l'hôpital public publiée jeudi. "Autorisés à exercer une activité libérale au sein même d'un hôpital public, certains chirurgiens en profitent pour pratiquer des tarifs indécents", écrit le magazine dans son numéro de mars.

Des taux supérieurs à 1.000%

Dans son enquête, 60 millions de consommateurs souligne donc "l'ampleur" du secteur libéral au sein des hôpitaux publics. Sur un total de quelque 45.000 praticiens du public, 4.524 exercent une activité privée au sein de l'hôpital. Parmi eux 1.824 fixent librement leurs honoraires pour certains patients ayant voulu être soignés par eux, selon des chiffres de 2010.

Certains patients exigent en effet d'être traités par un "mandarin" de renom et/ou ne pas attendre plusieurs semaines voir plusieurs mois pour être pris en charge. Ils sollicitent alors d'être pris en privé, diminuant ainsi sensiblement le délai d'attente mais... au prix fort.

Sur une quarantaine d'actes médicaux, la moyenne des dépassements oscille entre 68 et 408% du tarif Sécu. Mais "il n'est pas rare que les montants facturés atteignent des taux supérieurs à 1.000%", écrit 60 millions de consommateurs.

75.000 euros en sus de leur salaire

Ainsi pour une opération simple, celle de la cataracte, dont le tarif conventionné est de 271,70 euros, un patient pourra avoir à débourser jusqu'à 1.490 euros s'il choisit un "ponte" de l'Hôtel Dieu à Paris. Même avec dépassements d'honoraires, il n'aurait payé que de 511 à 777 euros dans une clinique privée, selon le magazine. Autre exemple, certains praticiens de l'hôpital Cochin, toujours à Paris, facturent jusqu'à 4.250 euros la pose d'une prothèse de hanche, alors que le tarif conventionné se limite à 459,80 euros.

Certaines directions d'hôpitaux n'ont pu fournir certaines informations sur des praticiens, ces derniers refusant de fournir des détails sur leur activité libérale. Un praticien de l'hôpital public, contrairement à un praticien libéral, est un salarié dont l'activité privée s'ajoute à ses revenus salariaux et qui est exercée au sein des installations de l'hôpital. A titre de compensation, il verse une redevance à l'établissement. Mais cette activité peut rapporter gros : jusqu'à 75.000 euros en plus de leur salaire.