Hippodrome de Compiègne: l'affaire refait surface

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Hippodrome de Compiègne: l'affaire refait surface
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Le parquet a ouvert une information judiciaire pour "trafic d'influence" et "favoritisme".

L'affaire est très sensible, puisqu'elle touche l'ancien ministre Eric Woerth. Le dossier de la vente de l'hippodrome de Compiègne a refait surface, mardi. Le parquet de Compiègne, dans l'Oise, a fait savoir qu'il avait ouvert une information judiciaire contre X, à la suite de la plainte déposée par sept députés PS, en novembre.

Une éventuelle "prise illégale d'intérêts"

L'information judiciaire vise d'éventuelles infractions d'abus d'autorité, complicité de prise illégale d'intérêt, trafic d'influence par personne dépositaire de l'autorité publique et favoritisme, a précisé le parquet qui a également demandé "le dépaysement de cette procédure vers une autre juridiction". Le dossier devrait être renvoyé au procureur général de la cour d'appel d'Amiens.

A l'origine, la plainte avait été déposée par les députés socialistes Christian Bataille, Jean-Louis Bianco, Germinal Peiro, Jean Glavany, Henri Emmanuelli, François Brottes, et Laurence Rossignol.

Un syndicat de l'ONF se lance dans la bataille

Par ailleurs, dans la même affaire, le principal syndicat des personnels de l'ONF (Office national des forêts) a annoncé qu'il allait déposer plainte contre X auprès du parquet de Compiègne. Il estime, lui aussi, que la vente de l'hippodrome est illégale.

Selon l'avocat du syndicat, Me Frédéric Mengès, cette plainte vise notamment des faits d'"abus d'autorité", et soulève la question d'une éventuelle "corruption passive".

L'affaire a débuté cet été, quand le Canard Enchaînéa accusé Eric Woerth, maire de Chantilly, d'avoir "bradé" en mars 2010 pour 2,5 millions d'euros une parcelle de la forêt de Compiègne comportant un golf et l'hippodrome à la Société des courses de Compiègne, lorsqu'il était ministre du Budget. Eric Woerth avait vivement contesté la version de l'hebdomadaire.

Le syndicat des personnels de l'ONF a fait valoir que la vente a été réalisée sans qu'il n'y ait eu un minimum de mise en concurrence des éventuels cessionnaires. Le prix de la cession était également, selon eux, "dérisoire".