Hébergement d'urgence : 200 personnes bloquées à Clermont

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Hébergement d'urgence : 200 personnes bloquées à Clermont
@ Max PPP
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Les 200 personnes qui avaient trouvé refuge dans une église ont dû être évacuées après un incendie.

L'errance se poursuit à Clermont-Ferrand pour les 350 familles privées d'hébergement d'urgence qui avaient dû quitter lundi leur chambre d'hôtel en raison d'un manque de financement des associations gestionnaires. Un incendie s'est déclaré mardi matin dans une église où 200 personnes en difficultés, dont une centaine d'enfants, avaient trouvé refuge - les 150 autres ont été relogées ailleurs. L'incendie, sans gravité, a été rapidement éteint et les occupants sont sortis d'eux même et dans le calme.

Deux personnes intoxiquées. Les faits se sont déroulés mardi matin, à l'église des Minimes, place Jaude, en plein centre de Clermont-Ferrand. Un incendie s'est déclaré vers 4 heures du matin dans la crypte, la partie bureaux de l'église. Les secours sont immédiatement intervenus et le feu a été rapidement éteint. La majorité des occupants de l'église sont sortis de l'église, d'eux même, et dans le calme. "On a pris en charge deux personnes légèrement intoxiquées par la fumée", ont toutefois indiqué les pompiers.

La piste criminelle privilégiée. Selon les premiers éléments de l'enquête, les causes de l'incendie seraient d'origine criminelle, rapporte France 3. "Une porte latérale de l'édifice a été fracturée, donnant accès au sous-sol où le feu est parti d'une pièce qui sert de débarras. On est sur l'hypothèse d'un acte volontaire, qui doit être confirmée par l'analyse de prélèvements effectués sur place", a déclaré le procureur de la République à Clermont-Ferrand, Pierre Sennès. "C'est très grave, la police doit faire la vérité là-dessus", a déclaré le père Paul Destable, en saluant "l'attitude respectueuse envers les biens et les lieux des familles présentes dans l'église et des associations qui les accompagnent".

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Les réfugiés toujours bloqués devant l'église. Dans l'attente, la mairie a mis un gymnase à disposition des familles, afin de laisser le temps aux services de l'Etat de trouver des solutions de relogement. Mais les réfugiés, originaires des Balkans et d'Afrique pour la plupart ont préféré rester sur la place, notamment en raison de leurs bagages très nombreux. "J'ai encouragé les parents à amener leurs enfants à l'école pour la rentrée, notamment pour qu'ils aient un repas à midi et soient pris en charge. Je ne suis pas sûr qu'ici, ce soient des lieux très éducatifs pour eux", a indiqué Gilles Loubier, directeur général de l'ANEF, l'association gestionnaire du 115 dans le Puy-de-Dôme. Mais la situation était toujours bloquée mardi après-midi où les 250 personnes  campaient toujours devant l'église.

Une mobilisation prévue. Une manifestation était prévue mardi à 18 heures Place de Jaude. Elle vise à dénoncer l'incendie - à priori criminel - dont ont été victimes les familles et le mauvais traitement qu'elles subissent. Ces familles privées d'hébergement d'urgence avaient en effet dû quitter lundi leur chambre d'hôtel en raison d'un manque de financement des associations gestionnaires. Faute de subvention des pouvoirs publics, le 115 n'était plus en mesure de payer les notes d'hôtel des personnes sans-abris. Parmi les personnes concernées figurent beaucoup de demandeurs d'asiles ou de déboutés du droit d'asile, mais aussi des mères seules avec enfant(s), des femmes victimes de violence ou des SDF.

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Un manque de financement pointé du doigt. "Depuis janvier 2013, l'État ne nous a remboursé que 5% environ des 350.000 euros par mois que nous avons engagés pour loger ces personnes", avait expliqué Gilles Loubier. En réponse, la préfecture a rappelé que l'Etat avait augmenté son engagement financier en 2013 à 2,2 millions d'euros dans le Puy-de-Dôme. Elle a également insisté pour que la ligne téléphonique du 115 soit rétablie et a promis de débloquer 400.000 euros supplémentaires. Mais pour l'ANEF, cette somme ne sera pas disponible concrètement avant "au moins un mois" et ne couvre qu'une partie de la dette déjà contractée auprès des hôteliers, sans assurer les hébergements futurs.