Heaulme : le guide du "Routard du crime"

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Heaulme : le guide du "Routard du crime"
Francis Heaulme, qui pourrait être jugé dans l'affaire de Montigny-lès-Metz, est une personnalité complexe.@ MAXPPP
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PORTRAIT ROBOT - Sera-t-il jugé dans l'affaire de Montigny-lès-Metz ? Réponse le 21 mars.

L'actu. Alors que Francis Heaulme saura le 21 mars prochain s'il est renvoyé devant les assises pour un double meurtre d'enfants à Montigny-lès-Metz en 1986, Europe1.fr vous donne quelques éléments clés pour comprendre la personnalité du tueur en série surnommé le "routard du crime".

18.06 Francis Heaulme lors d'une reconstitution en 2006. 930620

© MAX PPP

La tête. Atteint du syndrome de Klinefelter - provoqué par la présence d'un chromosome X en surnombre et qui entraîne, entre autres, des difficultés d'apprentissage et souvent une impuissance sexuelle - Francis Heaulme est décrit par plusieurs psychiatres comme un "débile léger". Son QI est évalué à 60.

Francis Heaulme a toujours fini par avouer ses crimes au gendarme Jean-François Abgrall, l'enquêteur qui l'a traqué pendant des années. "A chaque fois que je passe quelque part, il y a un meurtre", dit-il par exemple. Heaulme commençait généralement par se présenter comme témoin involontaire des "pépins", comme il appelle les meurtres. Puis il finissait par reconnaître son implication. Néanmoins, le "routard du crime" s'est presque systématiquement rétracté après ses aveux.

Les jambes. Après la mort de sa mère, Francis Heaulme quitte le domicile familial, où son père, alcoolique, le bat régulièrement. Pendant huit ans, il sillonne la France à pied, en train ou en stop. Il traverse ainsi 37 départements, laissant des cadavres sur son passage.

Le "Routard du crime" a été condamné pour neuf crimes, commis entre 1984 et 1992. Mais les enquêteurs sont persuadés que Francis Heaulme a fait d'autres victimes. Lors d'un interrogatoire, il avait confié avoir tué plus d'hommes que de femmes. Or, il n'a été condamné que pour le meurtre d'un seul homme.

25.10 Francis Heaulme 930620

© Max PPP

Les mains. "Mon style, c’est l’Opinel. Et j’étrangle à mains nues." L'aveu implacable fait froid dans le dos. Opinel, tournevis, pierres, coups de poings : voilà pour les "armes" de Francis Heaulme. Mais l'homme n'a pas de mode opératoire particulier. Il tue au hasard des rencontres, sans préméditation. Plusieurs fois, il tue même accompagné de complice d'un jour qu'il ne reverra plus ensuite.

Francis Heaulme n'est pas un prédateur sexuel. Si l'attirance sexuelle est parfois à l'origine des meurtres - en 1991, par exemple, il tue une adolescente de 14 ans après avoir confié à son cousin qu'il "se la ferait bien" -, il ne passe jamais à l'acte. "A un moment donné, il est confronté à son impuissance, si bien qu’il va au stade suivant et c’est l’enchaînement meurtrier", analyse le Dr Michel Dubec, qui a examiné Francis Heaulme.