Hand : les frères Karabatic mis en examen

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Hand : les frères Karabatic mis en examen
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L'ESSENTIEL - Au total, plusieurs joueurs, et leurs compagnes, ont été mis en examen mardi.

Le point à 21h30.  Les mises en examen se poursuivent dans l'affaire des paris sur un match de handball présumé truqué. Elles sont désormais au nombre de dix.

Dernière mise en examen en date, peut-être la plus symbolique, celle de la star du handball français Nikola Karabatic. Il est poursuivi pour "escroquerie". "Je n'ai pas parié", a assuré le joueur aux magistrats instructeurs selon les termes de sa déclaration lue par un autre de ses conseils, Me Eric Dupont-Moretti, à la sortie du tribunal. Le joueur a aussi été "mis au chômage". Son frère, Luka Karabatic, est poursuivi aussi pour escroquerie. Il a l'interdiction de rencontrer d'autres membres du club héraultais et donc de jouer, selon la même source.

La compagne de Nikola Karabatic, Géraldine Pillet, est quant à elle poursuivie pour escroquerie. Le kinésithérapeute du club de Montpellier (MAHB) est quant à lui ressorti libre avec le statut de témoin assisté.

Plus tôt dans la soirée, les joueurs Primoz Prost et Samuel Honrubia, ex-joueur du club héraultais transféré cet été au Paris SG, avaient été mis en examen pour "escroquerie", a appris Europe 1. Primoz Prost, qui a laissé une caution de 8.000 euros, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer l'encadrement de l'équipe, ce qui équivaut à une interdiction de jouer. Samuel Honrubia, champion olympique cet été, a également été placé sous contrôle judiciaire, une mesure qui lui interdit de rentrer en contact avec les autres personnes mises en cause sauf son co-équipier du PSG, le Serbe Mladen Bojinovic qui a également été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

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Plus tôt encore Jeny Priez, la compagne de Luka Karabatic, avait été elle aussi mise en examen pour "escroquerie" et remise en liberté sous astreinte d'une caution de 13.000 euros. Les deux magistrats avaient aussi mis en examen quatre parieurs, interpellés dimanche à Montpellier, aux chefs d'"escroquerie" et "complicité d'escroquerie". Parmi ces individus, le patron de bar suspecté d'être l'initiateur présumé des paris. Présenté comme un "joueur invétéré" par son avocat, ce proche de plusieurs joueurs de Montpellier aurait joué 25.500 euros après après avoir parlé au téléphone avec Jeny Priez. L'homme a été remis en liberté sous contrôle judiciaire après paiement d'une caution, tout comme les deux autres co-mis en examen.

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Le rappel des faits. Après quatre mois d'enquête, dix-huit personnes, dont l’icône du handball français Nikola Karabatic, ont été interpellées dimanche à Paris et Montpellier, dans le cadre d'une instruction sur un match présumé truqué perdu par Montpellier contre Cesson-Sévigné le 12 mai dernier. 

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Ce que disent les suspects. Seule Jeny Priez, la compagne de Luka Karabatic se serait exprimée lors de sa garde à vue. L'avocat de la jeune femme Me Antoine Camus a confirmé lundi qu'elle avait avoué "avoir parié" pour son compagnon et à sa demande "avec l'argent de celui-ci". Mais l'avocat a également dénoncé des pressions sur sa cliente lors de sa garde à vue.

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Les autres protagonistes, dont Nikola Karabatic, ont fait valoir leur droit au silence. A son arrivée au tribunal, l'avocat des deux frères Karabatic, le "ténor" du barreau Me Eric Dupont-Moretti, a souhaité rappeler devant la presse que ses clients n'avaient pas joué le match et n'avaient ainsi pu l’avoir truqué. "Il faudra m'expliquer comment on fait perdre une partie quand on n'y participe pas et quand on ne joue pas", a ajouté l'avocat.  "Je n'ai pas parié", a assuré le joueur aux magistrats instructeurs selon les termes de sa déclaration lue par un autre de ses conseils, Me Eric Dupont-Moretti, cette fois à la sortie du tribunal.

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Ce que dit le procureur. Brice Robin a chargé les joueurs sans détour lundi. Pour le magistrat, il existe "de très fortes suspicions de non-respect de l'éthique sportive" dans cette affaire. "Nikola Karabatic est mis en cause pour avoir retiré 1.500 euros et parce que sa compagne a parié pour son compte et retiré des gains", a-t-il asséné. Selon le procureur, l'enquête a permis de mettre au jour "des liens très étroits" entre "les joueurs et leurs parieurs". "Pour ceux qui doutaient d'un pacte, il y a matière à se poser des questions très légitimes". Cerise sur le gâteau, le procureur Robin a donné le montant total de l'arnaque : 250.000 euros, pour une mise totale de 88.000 euros

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