Hajar, 18 ans, menacée d'expulsion en plein baccalauréat

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Hajar, 18 ans, menacée d'expulsion en plein baccalauréat
Une jeune Marocaine scolarisée en France depuis ses 11 ans, s'est vue notifier son expulsion au premier jour de l'épreuve.@ MAXPPP
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TÉMOIGNAGE E1 - Cette jeune Marocaine scolarisée en France depuis ses 11 ans, s'est vue notifier son expulsion au premier jour de l'épreuve.

INFO. Une lycéenne parisienne se retrouve menacée d'expulsion en pleine période du baccalauréat. Hajar, une jeune marocaine de 18 ans qui vient de terminer ses épreuves est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français. La jeune femme habite en France depuis 8 ans et est scolarisée à Paris depuis l'âge de 11 ans. Pourtant, elle a appris cette décision sans le moindre ménagementEurope 1 est allée à la rencontre de la lycéenne

Un bac sous pression. Lundi 16 juin, premier jour du bac. Hajar se présente stressée à la première épreuve de l'examen, la philosophie. Mais ce n'est pourtant rien à coté de l'angoisse qui l'attend, une fois rentrée chez elle, quand elle découvre un courrier de la Préfecture de police de Paris (PP). L'administration lui indique qu'elle dispose de 30 jours pour quitter la France. Elle n'en parle alors qu'à son père, et cache cette épée de Damoclès à ses amis le lendemain pour l'épreuve d'Histoire-Géographie. Pourtant, elle ne pense qu'à ça.

"Je n'arrivais ni à dormir, ni à manger". Je  ne savais pas ce que j'allais devenir. Je ne savais pas si je serai toujours là le lendemain et si j'allais encore pouvoir me présenter aux autres épreuves", explique la lycéenne au micro d'Europe 1. "Je n'arrivais même pas à me concentrer sur les questions auxquelles je devais répondre et je n'arrivais ni à dormir, ni à manger. J'étais vraiment perdu", explique-t-elle.     

Pourquoi doit-elle quitter la France ? Tout simplement parce que la préfecture a refusé de lui renouveler son titre de séjour à sa majorité, bien qu'elle soit scolarisée à Paris depuis ses 11 ans. Le motif de ce refus ? Hajar a dû quitter la France et retourner au Maroc pendant un an et se tenir au chevet de sa mère, tombée gravement malade. Aujourd'hui, son rêve de devenir médecin s'est évaporé d'un coup.

"Toute ma vie, je l'ai vécue ici". "C'était juste une année pendant laquelle ma mère était malade, ce n'est pas quelque chose que j'avais choisi", assure Hajar. "Si je devais vivre au Maroc, je serais complètement perdue. Toute ma vie je l'ai vécu ici et je me sens profondément Française", jure-t-elle.

Comment la Préfecture se justifie-t-elle ? Il ne suffit pas de se sentir Française, dit la préfecture. L'administration reproche à Hajar "de n'avoir aucune attache en France". "Mon père est arrivé ici en 1962", rétorque la jeune fille, blessée, "et a travaillé 35 ans dans les mines de Forbach".

Un récépissé pour un sursis d'un mois. Hajar devait finalement être fixée sur son sort vendredi matin. Au terme de quatre heures d'attente, dans une salle d'attente bondée de la Préfecture de police de Paris, la jeune fille a obtenu... un récépissé de titre de séjour : un sursis d'un mois.

"Il y a écrit que je ne peux pas travailler avec et que je ne peux pas quitter le territoire avec. Cela permet de faire une demande de délivrance d'un titre de séjour d'un an. Je dois donc attendre désormais jusqu'au 4 aout pour avoir une réponse, et encore...". Seule consolation pour la jeune femme, ce document lui permet de s'inscrire en fac de médecine. Peut-être le début d'un rêve accompli.