Hadopi : Sarkozy en mode rétropédalage ?

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Hadopi : Sarkozy en mode rétropédalage ?
Nicolas Sarkozy a évoqué mercredi une remise à plat la loi sur le piratage sur Internet.
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Le chef de l'Etat a évoqué une remise à plat la loi sur le piratage. Réactions sceptiques.

Un peu plus de six mois après les premiers mails d'avertissement envoyés aux internautes par l'Hadopi, Nicolas Sarkozy rétro-pédale. Le chef de l'Etat, qui installait un Conseil national du numérique, s'est dit prêt mercredi à une remise à plat de la loi contre le piratage.

Nicolas Sarkozy "prend sa part d'erreur"

Nicolas Sarkozy a reconnu une part d'erreur du gouvernement dans la genèse de ce dispositif, qui avait suscité une vive opposition. "Je prends d'ailleurs ma part de l'erreur (...) L'intuition que j'avais, c'est qu'on ne pouvait pas (abandonner) les créateurs. Peut-être que la maladresse a été de donner le sentiment que vous étiez attaqués", a-t-il déclaré.

Le président a ajouté qu'il était "prêt" à un "Hadopi 3". Entrée en vigueur en 2010, la loi Création et Internet, dite "loi Hadopi", vise à protéger les droits d'auteurs. Elle prévoit que l'utilisateur soupçonné de récupérer illégalement du contenu sur internet reçoive un premier mail d'avertissement, puis un deuxième et une lettre recommandée s'il récidive dans les six mois. A la troisième infraction, il risque une amende et une suspension de son abonnement pouvant aller jusqu'à un mois, sans possibilité d'en souscrire un autre.

Les professionnels prudents

La filière musicale et les opposants à Hadopi se montraient prudents après ces déclarations. Le directeur général du Snep, principal syndicat de producteurs de disques (dont les quatre majors), David El Sayegh, s'est dit "très surpris" de cette déclaration, en l'absence de précision sur le "contexte" de ces propos. "Je ne pense pas que le président de la République, qui a toujours montré qu'il était du côté des créateurs, veuille abandonner le principe de protection de la propriété intellectuelle sur internet", a-t-il estimé.

Pour Jérémie Zimmerman, porte-parole de l'association la Quadrature du Net qui s'était opposé à cette loi, le président persiste dans l'erreur. "Ce n'est pas une Hadopi 3 ou 4 ou... 12 qui pourrait changer quoi que ce soit à la situation. Si Nicolas Sarkozy continue de penser qu'Hadopi va dans le sens des auteurs, c'est qu'il n'a manifestement rien compris. La seule chose à faire c'est d'en finir avec cette répression et cette guerre contre le partage", déclare-t-il sur Europe 1. "Il faut adapter le droit d'auteur aux nouveaux usages du numérique", plaide-t-il encore.