Guillaume Agnelet: "Je ne viens pas faire la guerre"

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Guillaume Agnelet: "Je ne viens pas faire la guerre"
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TEMPS FORTS - La cour d'assises entend la première femme et les deux fils de Maurice Agnelet, accusé du meurtre d'Agnès Le Roux.

Journée cruciale devant les assises d'Ille-et-Vilaine. Alors que Maurice Agnelet est jugé depuis trois semaines pour le meurtre d'Agnès Le Roux en 1977, la cour doit entendre dans la journée son fils Guillaume, qui l'a accusé lundi d'avoir tué l'héritière de casinos, sa première femme, qui aurait fait des confidences à Guillaume, et son deuxième fils, Thomas, qui continue de le défendre.



    

11h20. Thomas Agnelet à la barre ? Le président appelle le deuxième fils Agnelet à la barre. Mais Me Temime, l'avocat de la famille Le Roux, prend la parole : il demande au président de renoncer à cette confrontation. L'audience est suspendue.

11h10. "Ce qui tue plus que la vérité, c’est le secret". Guillaume Agnelet est bouleversé à l'évocation par Me Saint-Pierre des souvenirs des procès précédents. L'avocat raconte notamment comment le fils de son client lui donnait "des fraises Tagada porte-bonheur". "Ce qui tue plus que la vérité, c’est le secret. Moi j’ai passé plus de 30 ans de ma vie dans le secret. Je n’ai pas envie que ça arrive à ma fille", dit Guillaume Agnelet.

10h55. "Je ne viens pas faire la guerre". Guillaume Agnelet est appelé à la barre. "Je ne viens pas faire la guerre à mon frère ou à ma mère", commence-t-il en préambule. Il confirme à la barre le témoignage qu'il avait livré lundi en visioconférence. "Je viens ici pour retranscrire ce qui est là depuis pratiquement 30 ans, au plus près de mes souvenirs. Le dilemme qui était en moi était plus que cornélien. Je savais les conséquences que ça pouvait avoir. Ce dilemme ne s’est résolu que au pied du pied du pied du mur. Si je ne le faisais pas maintenant, je le regretterais", explique-t-il.

10h. "Supprimer sa souffrance, c'est supprimer sa famille". Annie Litas poursuit sur la "souffrance" de son fils. "Il a une place difficile, j’ai dû m’occuper de son frère Thomas qui avait des problèmes de santé très graves. Je n’ai pas été en capacité d’entendre Guillaume, qui était un enfant facile. Mais il m’a dit plus tard qu’il se sentait mal aimé. Il avait une jalousie vis à vis de son frère. Si j’ai quelque chose à me reprocher c’est que je n’ai pas donné suffisamment de temps à cet enfant là", confie-t-elle. "Si c’est une manière pour lui de 'tuer sa mère', je ne peux pas lui en vouloir. Je n’ai pas de colère contre lui, juste de la douleur", poursuit Annie Litas.

"Je suis désolée d’avoir à dire ça, je ne voudrais rien dire de désobligeant. Il met tout le monde dans un même sac, son père, son frère, sa mère. Pour Guillaume, supprimer sa souffrance, c’est supprimer sa famille", assure-t-elle.



9h30. Annie Litas nie formellement. La première épouse de Maurice Agnelet est entendue en visioconférence. Interrogée sur les accusations de son fils Guillaume, elle "conteste formellement". "Je trouve ça irréaliste et rocambolesque. Je n’ai jamais prononcé ces mots", assure-t-elle.

Pour elle, son fils Guillaume "est en souffrance". "Nous n’avons pas de liens étroits. Ces derniers temps, nos rapports se sont dégradés au point qu’il ne voulait plus me parler. Faire tant de mal à sa famille ne peut se faire que dans un état de souffrance extrême", estime Annie Litas. "Je ne sais pas quoi dire ni quoi faire. Je me sens sans défense et sans voix. Je suis sa mère et je le resterai quelles que soient les circonstances. Mais je suis démunie devant ce genre de déclarations", confie la vieille dame, émue.

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