Guéant : 500.000 euros qui intriguent

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Guéant : 500.000 euros qui intriguent
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Des juges s’interrogent sur un versement depuis l’étranger. Guéant dément tout lien avec un éventuel financement libyen de la campagne de 2007.

L’INFO. C’est une somme qui interpelle les juges en charge de l’enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Un versement de plus de 500.000 euros, effectué depuis l'étranger, et datant de 2008, a été découvert en février sur un compte de Claude Guéant, affirme Le Canard Enchaîné dans son édition de mardi. L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, lui, nie  tout lien entre cet argent et un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

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Un démenti catégorique. "Je voudrais dire de la façon la plus catégorique et définitive qu'il ne s'agit pas de financement libyen", se défend Claude Guéant au micro d'Europe 1. "Je n'ai jamais vu de financement libyen ni même entendu parler de financement libyen", ajoute-t-il.

Guéant : "j'ai tous les justificatifs" : 

Et l’ancien ministre de l’Intérieur de préciser l’origine de cette somme : "il s'agit simplement de la cession de biens privés, à savoir deux oeuvres d'art que j'avais acheté une vingtaine d'années auparavant et que j'ai vendues en 2008".

Une vente de tableaux. Les toiles en question sont des oeuvres marines du peintre hollandais Andries van Eertvelt, datant du début du XVIIème siècle. Claude Guéant assure les avoir vendues à un confrère étranger." J'ai tous les justificatifs à disposition de la justice", poursuit-il. "Ce n'est pas du tout agréable d'entendre ces rumeurs qui circulent alors qu'il n'y a aucun fondement. Donc, je souhaite me justifier", précise Claude Guéant.
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Des paiements en liquide. Dans son article, le Canard enchaîné évoque également traces de "nombreux et conséquents paiements de factures en liquide" repérés par les policiers de leurs perquisitions. Selon Claude Guéant, il s'agit là de "petites sommes".  Ce sont des "primes de cabinet dont j'avais bénéficié au ministère de l'Intérieur quand j'y officiais", a-t-il détaillé. Des primes qui "n'étaient pas déclarées, de toute éternité", a-t-il précisé mardi sur BFMTV. "On peut dire que c'est pas normal après coup, ça c'est vrai. Ç faisait partie du système indemnitaire du ministère. Et nous aussi, nous trouvions que c'était anormal, c'est pour ça que nous l'avons supprimé", ose ensuite l'ancien ministre de l'intérieur.

Une explication sérieusement mise en doute mardi, sur Europe 1, par Daniel Vaillant, ministre de l'Intérieur sous Lionel Jospin jusqu'en 2002. "Je suis catégorique, le système des primes en espèce a cessé fin 2001, début 2002", assure l'actuel maire du 18e arrondissement de Paris. "En mai 2002, il n'y avait plus de primes en espèce distribuée aux collaborateurs des cabinets", précise-t-il. Ces primes ont-elles pu revenir ? "Soit c'est revenu, c'est une des hypothèses, soit il s'agit de fonds destinés à autre chose et qui étaient rapatriés au cabinet", estime encore l'ex-ministre évoquant de possibles frais de police.

Deux plaintes en préparation. Alors que l'origine de l'instruction ouverte le 19 avril provient des déclarations Ziad Takieddine, Claude Guéant a confirmé qu’il allait attaquer en justice l'homme d'affaires franco-libanais en déposant deux plaintes à son encontre. "C’est une question de jours pour que ce soit mis au point", assure-t-il à Europe 1. Le 16 avril dernier, déjà, il avait fait part de son intention de poursuivre Ziad Takieddine devant les tribunaux.