Grève de la SNCM : la Corse craint l’asphyxie

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Grève de la SNCM : la Corse craint l’asphyxie
@ MaxPPP
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CRISE - L’économie corse repose en partie sur le tourisme et dépend fortement des livraisons venues du continent.

La saison estivale ne pouvait pas commencer de pire manière pour les professionnels corses. La grève de la SNCM limite fortement l’approvisionnement de l’île en matières premières et en touristes. Agathe Albertini, la présidente régionale du syndicat hôtelier craint même, au micro d’Europe 1, que le mouvement des marins ne mette en danger "l’avenir de la Corse". En effet, près de 15% de PIB de la Corse dépend du tourisme.

Un revers inattendu. La Corse voyait arriver l’été avec impatience. L’été 2014 promettait à l’île un succès touristique de premier plan, boosté par la visibilité offerte à l’Île de Beauté par le départ de l’édition précédente du Tour de France 2013. Un effet confirmé par la fréquentation du port de Bastia en hausse de 14% par rapport à l’an passé, avant le début de la grève. Mais les effets du blocage de la SNCM se font dorénavant sentir : des hôtels enregistrent déjà des annulations et voient leur fréquentation chuter de 30 % à 50 %.

Une dépendance forte au tourisme. L’économie locale de certaines régions de Corse repose principalement sur le tourisme. C’est le cas de Porto-Vechio ou de Propriano dont l’activité est portée par l’arrivée dans leurs ports des navires de la SNCM. Et le prolongement de la grève inquiète les professionnels. "Comment un syndicat peut-il bloquer une île et bloquer surtout une économie ? Cela va mettre en difficulté beaucoup d’établissements", s’alarme Agathe Albertini.

SNCM

Le tourisme, un cercle vertueux de l’économie. Autre secteur phare de l’économie corse : l’agriculture. L’île produit de nombreux fruits et légumes, ainsi que de la charcuterie, dont 70% est absorbé par le marché local. Or, les deux tiers des ventes ont lieu en juillet et en août, explique au Monde le vice-président de la chambre d'agriculture de la Haute-Corse, Jean-Marc Venturi. En effet, la période touristique voit la population de l’île doubler… augmentant naturellement les ventes et la taille du marché local.

Une dépendance forte au continent. Les Corses dépendent également des navires pour assurer les fournitures essentielles au fonctionnement de l’activité économique de l’île. Pierre-Dominique, est imprimeur et il explique à Europe 1 comment la grève impacte son activité au moment où il doit imprimer les affiches des festivals, des soirées et des autres événements qui font le succès de l’été : "Tous les matins, on est là au téléphone pour savoir si la remorque a débarqué du bateau".

La concurrence pour sauver l’île. Les Corses, bloqués par les marins de la SNCM à Marseille, comptent maintenant sur la Méridionale, une compagnie soeur, pour assurer les livraisons de fret. Mais l’un des navires de la compagnie, le Kalliste, a déjà été bloqué en port de Marseille par les grévistes de la SNCM. La compagnie a donc décidé d’annuler les "traversées assurées par ce navire" et opère "temporairement depuis le port de Toulon". En attendant, la tension monte : des échauffourées ont éclaté jeudi entre grévistes de la SNCM et commerçants à Porto-Vechio et vendredi, c’est une vingtaine de patrons qui s’est fait sortir manu militari de la préfecture de Bastia par des gendarmes mobiles.

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