Génériques : la méfiance gagne du terrain

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Génériques : la méfiance gagne du terrain
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Davantage de Français doutent de l'efficacité et de la sécurité des médicaments génériques.

Les médicaments génériques ne parviennent toujours pas à convaincre les Français. D'après un sondage Ifop pour le groupe de pharmaciens PHR publié mardi, les Français doutent de plus en plus des bienfaits de ces médicaments qui reproduisent la molécule des médicaments dont le brevet est tombé dans le domaine public.

Des médicaments jugés moins sûrs et moins efficaces : 72% des Français jugent les médicaments génériques aussi efficaces que les originaux, nous renseigne ce sondage. C'est mois qu'en 2011 (77%). De même, 61% des estiment qu'ils sont "aussi sûrs", contre 71% l'année dernière. Résultat : les Français refusent davantage de substituer un générique à leur médicament d'origine. Les personnes interrogées en 2011 sont 57% à l'accepter systématiquement, contre 62% l'année dernière. Les personnes âgées de 35 à 49 sont les plus critiques. En revanche, l'économie réalisée par les génériques est reconnue par 82% des Français.

La suppression du tiers payant mal vue : 46% des personnes interrogées estiment que ne plus pouvoir bénéficier de tiers payant lorsqu'elles refusent d'acheter un générique porte atteinte à leur liberté. Ce dispositif, prévu par une loi de 2006, est strictement respecté depuis cet été par les pharmaciens. Mais pour Lucien Bennatan, président du groupe PHR, il faut supprimer ce dispositif pour améliorer la sensibilisation des Français. Il préconise, en remplacement, "une action pédagogique, relayée à travers une campagne d'information nationale et qui serait soutenue par les pharmaciens".

Pourtant, la part des génériques progresse. Malgré ces réticences, la part des génériques parmi les médicaments vendus en pharmacie progresse. 700 millions de boîtes de génériques sont ainsi remboursées chaque année par la Sécurité sociale, près de deux fois plus qu'en 2006. Soit une économie de 1,4 milliard d'euros en 2011, selon le dernier bilan de l'Assurance maladie. Le taux de substitution atteint même 82,4% en novembre, contre 71% en début d'année, mais l'Assurance maladie vise, elle, 85%.