Furosémide : l’usine Teva inspectée

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Furosémide : l’usine Teva inspectée
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Des enquêteurs veulent comprendre les circonstances de l’erreur de conditionnement. Un autre décès suspect a été signalé à Compiègne.

Un mystère. Comment deux comprimés emballés dans deux hangars différents, et à quatre semaines d’intervalle, ont-ils pu se retrouver dans une même boîte de médicaments ? C’est la question que vont tenter de trancher les enquêteurs de l’Agence nationale de sécurité du médicament, lundi, en inspectant l'usine de conditionnement du laboratoire Teva, à Sens, dans l'Yonne.

Cette enquête intervient après la mort, la semaine dernière à Marseille, d’un nonagénaire qui aurait absorbé pendant plusieurs jours un somnifère, alors qu'il pensait prendre un diurétique, le Furosémide. Un deuxième décès suspect est également évoqué à Compiègne et concerne une femme âgée de 101 ans qui prenait elle aussi ce médicament, selon une information de France 3 Picardie.

>> Furosémide : la "non prise" du médicament fatale ?

Le matériel inspecté. Quatre enquêteurs de l’agence nationale de sécurité du médicament sont arrivés lundi à la mi-journée dans l’usine. Leur travail devait commencer par l’inspection minutieuse des ateliers où les deux comprimés en cause ont été conditionnés. Les inspecteurs doivent ainsi contrôler chaque appareil, et notamment les balances qui servent peser les doses et à fixer les grammages, ainsi que les caméras de video-surveillance.

La procédure vérifiée. Les enquêteurs vont ensuite vérifier que Teva a bien effectué tous les contrôles obligatoires. Ceux-ci sont au nombre de quatre entre le moment où les gélules sont livrées aux entrepôts de l’usine de Sens avant de repartir emballées, dans des petites boîtes, en direction des pharmacies.

Les salariés auditionnés. De leur côté, les salariés seront entendus. Ils devront répondre à des tests de connaissance assez poussés, préparés par les enquêteurs. L’objectif de l’enquête est clair : déterminer si la confusion est le fruit d’une accumulation d’erreurs humaines ou bien d’un acte de malveillance.

>> Mise à jour, mardi à 21h00 : L'inspection conduite par quatre membres de l'Agence du médicament (ANSM) à l'usine de conditionnement du diurétique du laboratoire Teva à Sens a pris fin mardi. "Les quatre inspecteurs n'ont pas identifié de défaut ni dans l'organisation, ni dans les pratiques, ni dans l'équipement de l'usine", a indiqué l'agence sanitaire notant que "l'enquête se poursuit par ailleurs avec les autorités judiciaires". "Les comprimés de furosémide proviennent de Hongrie et sont mis en plaquettes et en boîtes  dans cette usine" tandis que le somnifère "zopiclone provient d'Espagne", a ajouté l'ANSM.