France Télécom : Lombard mis en examen

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France Télécom : Lombard mis en examen
L'ex-PDG de France Télécom, Didier Lombard, a été mis en examen mercredi pour harcèlement moral dans l'enquête sur la vague de suicides de salariés de France Télécom en 2008 et 2009, a annoncé son avocat Me Jean Veil.@ Reuters Charles Platiau
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Il est mis en examen pour harcèlement moral après la vague de suicides de salariés.

L'ancien PDG de France Télécom, Didier Lombard, était convoqué mercredi par le juge d'instruction chargé de l'enquête sur la vague de suicides de salariés en 2008 et 2009 pour une éventuelle mise en examen. Ce dernier a finalement été mis en examen mercredi soir.

100.000 euros de caution

"Monsieur Didier Lombard a été mis en examen. Il fait l'objet d'un contrôle judiciaire avec un cautionnement de 100.000 euros. Il ne s'est pas expliqué sur le fond du dossier", a déclaré Me Veil à la sortie du bureau du juge Pascal Gand. L'avocat a répondu par l'affirmative à la question de savoir s'il était mis en examen pour le chef de harcèlement moral.

"Il s'est borné à des explications sur le contexte économique, technologique et réglementaire dans lequel évoluait la société France Télécom. Il a notamment évoqué des règles de concurrence particulièrement défavorables que les pouvoirs publics ont imposées à cette entreprise", a poursuivi l'avocat.

Anciens hauts cadres entendus

Le magistrat a par ailleurs convoqué d'autres dirigeants de l'époque, ainsi que France Télécom, vendredi, qui pourrait également être mise en examen en tant que personne morale à la suite d'une plainte du syndicat SUD.

"Il n'y a aucune accélération de la procédure. Nous sommes dans une procédure normale, tout semble être conforme", a indiqué la direction de l'opérateur.

Cette enquête pour "harcèlement moral" instruite au pôle santé public du tribunal de grande instance de Paris avait été lancée en avril 2010 après un rapport de l'Inspection du travail mettant en cause la politique de gestion du personnel et une plainte de la fédération Sud-PTT fin 2009. Le rapport de l'Inspection du travail avait notamment analysé 14 cas de "suicides, tentatives de suicides et de dépression pathologique". Tous étaient liés selon elle à la politique globale du personnel et sont susceptibles d'une qualification pénale.

35 suicides en deux ans

En 2008 et 2009, 35 salariés de France Télécom se sont suicidés selon la direction et les syndicats. En avril dernier, des perquisitions avaient été effectuées mardi après-midi au siège parisien de France Télécom-Orange dans le cadre d'une plainte contre X déposée par le syndicat SUD-PTT deux ans plus tôt.

En avril 2010, une information judiciaire contre X pour "harcèlement moral" avait été ouverte au tribunal de grande instance de Paris, à la suite d'un rapport de l'inspection du Travail mettant en cause la politique de gestion du personnel et d'une plainte de la fédération SUD-PTT déposée fin 2009. La CFDT, la CFE-CGC/Unsa, la CFTC , la CGT, et FO s'étaient ensuite constitués partie civile.