Fralib : les salariés occupent l'usine

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Fralib : les salariés occupent l'usine
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Les salariés luttent pour le maintien de l'usine de thé et d'infusions Elephant à Gémenos.

Le ton monte auprès des ouvriers de l'usine Fralib. Des salariés du groupe Unilever, en lutte pour le maintien de l'usine de thé et d'infusions Elephant à Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône, ont réinvesti le site tôt vendredi matin.

"Une soixantaine d'individus cagoulés"

"Ce matin on a mis dehors, de façon pacifique, l'entreprise de sécurité qui gardait les lieux et on a repris possession de l'usine", a déclaré Olivier Leberquier, délégué de la CGT. Les accès au site étaient contrôlés depuis plusieurs mois par des vigiles. La direction a donc dénoncé un "coup de force" et compte déposer plainte.

Les ouvriers n'ont en effet pas lésiné sur les moyens. "Une soixantaine d'individus cagoulés, armés de matraques et de bombes lacrymogènes, arrivés sur des camions dont les plaques d'immatriculation étaient masquées, ont menacé physiquement les gardes avant d'investir les lieux", a souligné la directrice de la communication du groupe, Sophie Jayet. La gendarmerie a confirmé ces faits en précisant qu'ils s'étaient déroulés sans violences sur les vigiles.

Des promesses non tenues

Cette action intervient au 592e jour du conflit, après que le tribunal de grande instance de Marseille a validé, en avril, le troisième plan de sauvegarde de l'emploi mis en place pour accompagner la fermeture de l'usine de Gémenos. La direction du site a assuré à l'époque que "chacun des 103 salariés a reçu une offre d'emploi (..) dans une autre usine d'Unilever en France", le groupe en comptant six. Pour ceux qui veulent rester en Provence, des mesures d'accompagnement sont proposées avec notamment 12 mois de congés de reclassement à 75% du salaire (15 mois pour les plus de 50 ans).

Mais environ 80 des 103 salariés concernés ont reçu leur lettre de licenciement. Et la direction a écrit à la CGT pour lui proposer de déménager son local à l'extérieur de l'entreprise, ce qui a déclenché l'action du syndicat. "Nous ne nous posons plus la question de savoir si la préfecture est intervenue auprès d'Unilever pour exiger des dirigeants qu'ils ne touchent pas aux machines. De toute évidence, la multinationale ne veut pas laisser au prochain gouvernement le temps de se saisir de ce dossier", a affirmé Olivier Leberquier.

La CGT demande donc le redémarrage de l'activité à Gémenos, le seul en France à produire les thés Lipton et les infusions L'Eléphant. Le syndicat, qui fait valoir des engagements reçus du futur président de la République François Hollande pour mettre en œuvre un projet de reprise, veut maintenir l'outil de travail. La CGT réclame également une nouvelle table ronde avec les autorités locales sur l'avenir de l'usine. Le syndicat a décidé de faire appel, les deux premiers plans de sauvetage Européen ayant été invalidés par la justice.