Fourrage en urgence: une aide partisane ?

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Fourrage en urgence: une aide partisane ?
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En Corrèze, des agriculteurs estiment que les adhérents du syndicat majoritaire sont privilégiés.

Pour venir en aide aux agriculteurs touchés par la sécheresse, le gouvernement a promis d'organiser l'acheminement de centaines de milliers de tonnes de fourragepar camion et par train dans les prochaines semaines.

Dans chaque département sinistré, les chambres d'agriculture recensent en ce moment les besoins en paille exploitation par exploitation, et ce n'est visiblement pas si simple que cela. En Corrèze, par exemple, la Confédération Paysanne accuse la chambre d'agriculture de servir d'abord et en priorité les adhérents de la FNSEA, le syndicat majoritaire.

Oublié du plan d’aide en fourrage

Christian Arnaud, éleveur de chèvre à Saint-Hilaire-Foissac, en Corrèze, fait partie de ceux qui ont tiré la sonnette d’alarme. Il estime avoir besoin d’une vingtaine de tonnes de fourrage pour pouvoir nourrir ses bêtes. Mais dans son recensement des besoins, la chambre d’agriculture l’a oublié.

"J’ai été très surpris d’apprendre que tous les éleveurs de la commune ont été contactés pour leur besoin en paille…et puis moi, rien", déplore-t-il sur Europe 1. "Ce n’est pas un hasard", estime Christian Arnaud, qui considère que le fait de militer au sein de la Confédération paysanne, concurrent de la FDSEA [branche départementale de la FNSEA, ndlr], le dessert.

Accusation de favoritisme

Philippe Revel, porte-parole de la Confédération paysanne en Corrèze, affirme avoir recensé une vingtaine de témoignages similaires. A ses yeux, la chambre d’agriculture favorise certains paysans.

"Sur le terrain, on constate que les adhérents FDSEA sont servis ou ont, au moins, été contactés. Mais toute une partie des paysans de ce département n’ont absolument jamais été contactés et ont été écartés", témoigne-t-il.

Et Philippe Revel de conclure : "je ne peux pas penser que tout est foutu et fini. Je pense qu’il faut qu’ils réagissent. Ce que l’on cherche, c’est que tous les agriculteurs soient servis : il y a vraiment urgence". Ce porte-parole de la confédération paysanne a alerté le préfet et la chambre d’agriculture la semaine dernière. En vain, il n’a reçu aucune réponse.