Forte tension dans les prisons pour mineurs

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Forte tension dans les prisons pour mineurs
@ Maxppp
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Un nouvel incident a été enregistré à Lavaur. Les éducateurs ont fait valoir leur droit de retrait.

Après la prise d'otage de Meyzieu, dans le Rhône, et la récente tentative d'évasion de Marseille pendant laquelle une surveillante avait été blessée, les personnels des établissements pénitentiaires pour mineurs font entendre leur voix. A Lavaur, dans le Tarn, 'Etablissement pénitentiaire pour Mineurs (EPM) a été le théâtre d'au moins une nouvelle agression dans la nuit de lundi à mardi.

Ça dégénère à Lavaur

Une surveillante a été la cible de jets de projectiles et de récipients remplis de liquide au cours d'une ronde, a rapporté la CGT qui soupçonne que l'un des seaux contenait de l'urine. Elle a également été visée par des insultes et des menaces sexuelles, ont indiqué Bertrand Mappas et Emmanuelle Tarissan, délégués syndicaux de la CGT-Protection judiciaire de la jeunesse.

Durant le week-end dernier déjà, des violences avaient eu lieu dans l'établissement de Lavaur : agression d'une cuisinière, cellules saccagées ou encore départs de feu. C'est un de ces mineurs, visé par une procédure criminelle, qui aurait déclenché les hostilités dimanche en jetant un seau sur une employée servant les repas. S’en est suivie une insurrection. Un détenu a tendu un piège au personnel de sécurité, en plaçant un matelas devant sa porte.

"Les surveillants, ne sachant pas ce qu’il se passait derrière, ont décidé de rentrer quand même et ils ont été pris à partie par ce jeune, avec des morceaux de verres et tout ce qui lui passait sous la main", a raconté à Europe 1 Mathieu Vasseur, représentant de l’Ufap. Il était de garde durant le week-end.

Il revient sur l’agression des surveillants par le jeune détenu :

"Les jeunes ont de moins en peur de la prison"

Selon ce représentant syndical, "les jeunes ont de moins en moins peur de la prison". "Ce sont les premiers à dire que c’est le Club Med", estime-t-il. Malgré les alertes données à ses supérieurs, "rien ne bouge", regrette Mathieu Vasseur.

Et il ne semble pas être le seul à être désabusé. Sabrine, du syndicat FO pénitentiaire, dresse le même constat. "Aujourd’hui, il faut 'reprofiler'. Il y a des mineurs qui ont besoin d’un système carcéral normal, qui ne rentrent pas du tout dans ce projet et qui mettent à mal le système poussant même les autres détenus à devenir comme eux", souligne-t-elle.

Droit de retrait des éducateurs

Mardi, les éducateurs qui travaillent à Lavaur ont fait valoir leur droit de retrait pour la troisième journée consécutive, par peur pour leur sécurité. Pour les syndicats de la Pénitentiaire et de la PJJ, l'EPM de Lavaur est en proie depuis quelques jours à des tensions révélatrices du climat régnant dans les six établissements de ce type ouverts en France depuis 2007-2008 pour accueillir des mineurs avec l'objectif de les réinsérer.

A Marseille, le personnel de la prison pour mineurs ont bloqué l'entrée de l'établissement mardi, une semaine après l'évasion ratée. Objectif : dénoncer des conditions de travail "de plus en plus difficiles". C'est "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", a témoigné Frédéric Jouberjean, l'un des collègues de la surveillante agressée.

Le CGT-PJJ a déposé pour cette semaine un préavis de grève reconductible à l'échelon national. Une semaine d'action avait déjà été organisée dans les six EPM français du 18 au 22 avril.