Fini les longs séjours à la maternité

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Fini les longs séjours à la maternité
La Sécurité sociale souhaite étendre son expérimentation Prado pour encourager les jeunes mamans à sortir plus tôt des maternités.@ MAXPPP
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La Sécu veut inciter les mamans à rentrer plus vite chez elles, contre un accompagnement à domicile.

Les jeunes mamans vont être encouragées à quitter la maternité plus rapidement. L’Assurance-maladie veut progressivement généraliser l’expérimentation qu’elle mène depuis 2010 dans plusieurs départements, révèle Le Monde. Objectif : faire sortir plus tôt les femmes qui viennent d’accoucher et leur proposer, en contrepartie, un accompagnement à domicile par des sages-femmes libérales.

Faire des économies

Aujourd’hui, le séjour en maternité est en moyenne de 4,3 jours en France, contre 3,1 jours dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Et ce, alors que la tarification à l’activité mise en place depuis plus de quatre ans dans les hôpitaux et cliniques n’encourage pas à garder les jeunes mamans plus longtemps. Car, que la visite dure deux ou dix jours, les établissements perçoivent un forfait de 2.200 euros par accouchement.

Ce programme, expérimenté dans 26 départements en 2011 et baptisé Prado, doit permettre à la Sécu de faire des économies. Mais pas seulement : il doit améliorer également la prise en charge des mères.

Pas toutes concernées

Qui serait concerné ? Les femmes ayant accouché par césarienne ou pour lesquelles l’accouchement a engendré des complications seraient exclues du programme. Les jeunes mamans qui pourraient en bénéficier, sur la base du volontariat, seraient celles ayant accouché par voie basse.

Celles qui accepteraient le programme Prado pourraient choisir une sage-femme libérale dans une liste. Un premier rendez-vous serait organisé, avant que l’équipe médicale ne fixe une date de sortie de la maternité. La sage-femme libérale aurait ensuite pour mission de rendre visite à domicile à la jeune maman le jour de sa sortie et une deuxième fois l’un des jours suivants. Elle pourrait aussi aider les parents dans les démarches administratives à réaliser.

L’inquiétude des professionnels de santé

Cette méthode souhaitée par la Cnam ne fait pas l’unanimité. Au départ, les syndicats des sages-femmes avaient repoussé le programme car ils n’y avaient pas été associés. Depuis, l’inquiétude se porte sur le nombre de sages-femmes. 30.000 actuellement, elles pourraient ne pas être assez nombreuses.

La Fédération des médecins de France tire toutefois la sonnette d’alarme. "A J+2, les femmes et les enfants sont fragiles. Et on les éjecte des maternités", déplore-t-elle.