Fin de vie : le sort de Vincent Lambert devant la justice

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Fin de vie : le sort de Vincent Lambert devant la justice
Même si elle ne permet pas l'euthanasie, la loi Leonetti permet aux patients de ne plus avoir de traitement.@ BBC
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SANTE - Les parents de ce trentenaire, en état de conscience minimale, s’opposent à son euthanasie passive. Décision dans la journée.

L’INFO. Vincent Lambert, incapable de s’exprimer, est pourtant toujours au cœur d’une bataille juridique et familiale sur son état de santé. Son histoire revient sur le devant de la scène alors que l’équipe médicale du CHU de Reims, qui s’occupe de lui, a, à nouveau, décidé d’arrêter son traitement, comme le prévoit la loi Leonetti. En mai 2013, sur la demande de son épouse, une procédure similaire avait été engagée avant que ses parents, proches des milieux catholiques intégristes, y mettent fin grâce à la justice. Une nouvelle décision du tribunal administratif est attendue mercredi.

Tétraplégique à 32 ans. Infirmier de profession, Vincent Lambert a été victime d’un grave accident de la route en 2008. Après une phase de coma profond, il se trouve depuis 2011 dans un "EPR" ou état “pauci-relationnel”, un état végétatif a priori irréversible.

S'il bouge les yeux et ressent la douleur, difficile de savoir s'il comprend réellement ce qu’on lui dit. Début 2013, l’équipe médicale qui s’occupe de lui note néanmoins des comportements inhabituels d’opposition aux soins. Il faut dire que par le passé, Vincent Lambert avait fait part à sa femme et à son frère, Joseph, de son refus d’être maintenu artificiellement en vie.

Ce que permet la loi. Encadrée par la loi Leonetti relative aux droits du patient en fin de vie, la situation de Vincent Lambert n’en reste pas moins compliquée. La loi de 2005 permet d’éviter l’acharnement thérapeutique, ou, en d’autres termes, le maintien coûte que coûte de la vie.

Son seul traitement étant de la nourriture et de l’eau, il avait été arrêté en mai 2013, sur demande de son épouse, présente tous les jours à son chevet.

Bataille familiale. Proche de la fraternité Saint-Pie X, mouvement catholique intégriste, les parents du patient et en particulier sa mère, Viviane Lambert, s’étaient opposés à cette décision. Ils estimaient alors ne pas avoir été assez écoutés. L’équipe médicale, jugeant l’épouse de Vincent Lambert plus proche et plus apte à transmettre ses volontés, avait en effet pris son parti.

Les parents avaient alors saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui avait sommé le 13 mai 2013 l’hôpital de Reims de “rétablir l’alimentation et l’hydratation normale du patient”. Pendant un mois, Vincent Lambert n’avait pas été nourri et à peine hydraté, sans pour autant mourrir.

Nouvelle tentative. A l’époque, dans une interview donnée au Monde, l’épouse du patient avait déclaré avoir vécu la reprise du traitement comme “une violence inouïe”. C’est pour éviter de vivre à nouveau cette situation que des réunions familiales de conciliation ont été entreprises depuis. Au mois de septembre et novembre 2013, la famille, épouse, parents et frères et soeurs se sont retrouvés pour parler.

Fin septembre, dans un communiqué, le CHU de Reims déclare avoir assisté à des échanges “dignes, riches et respectueux”. Quatre experts ont été ensuite désignés pour donner leur avis sur la situation : un par l’épouse, un par les parents, un par le CHU et un universitaire de Reims. Seul l’expert nommé par les parents juge qu’il faudrait maintenir le fils en vie.

Réponse mercredi. C’est donc logiquement que l’équipe médicale du CHU de Reims a décidé d’abandonner à nouveau le traitement de Vincent Lambert. La réaction ne s’est d’ailleurs pas faite attendre puisque la décision a été attaquée par Viviane Lambert auprès du tribunal administratif.

La justice donnera sa décision à l’issue d’une audience qui se tiendra à 10 heures. L’hôpital a néanmoins pris les devants en n’arrêtant pas réellement les soins avant la décision.

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