Film anti-islam : vigilance des autorités
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Plusieurs appels à Paris et en province ont été lancés. Les forces de l'ordre sont mobilisées.

Si le Pakistan a été le principal foyer musulman de manifestations vendredi après la polémique suscitée par le film L'innocence des musulmans et par la publication de caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, les protestations anti-américaines ou anti-françaises sont restées limitées dans les autres pays musulmans, après la prière du vendredi. Mais les autorités françaises, elles, sont sur le qui-vive pour la journée de samedi, plusieurs appels à manifester ayant été lancés dans l'Hexagone. 

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Les villes concernées. "Beaucoup d'appels à manifester samedi dans plusieurs grandes villes comme "Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen et Toulouse" ont été relayés via les réseaux sociaux (avec le slogan "Touche pas à mon prophète") et une "nuée de SMS", a précisé le ministère de l'Intérieur. La préfecture de police de Paris a interdit les manifestations prévues au Trocadéro et devant la Grande Mosquée. Une manifestation a été annulée à Lyon et une autre interdite à Lille. 

Manuel Valls condamne avec sévérité les "appels à la haine" lancés samedi après-midi.

Manuel Valls condamne avec sévérité les "appels à la haine" lancés samedi après-midi. © REUTERS

La mise en garde de Manuel Valls. Le ministre de l'Intérieur a réaffirmé vendredi que toute manifestation, tout rassemblement à ce sujet, étaient interdits en France. "Aucune dérogation, aucune exception ne sera tolérée", a-t-il déclaré lors d'un déplacement à Marseille. "Le critère retenu est bien évidemment le trouble à l'ordre public. Le pays a besoin de rassemblement et d'apaisement autour des valeurs de la République et de la laïcité", a-t-il ajouté.

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CRS fourgon

CRS fourgon © MaxPPP Eric Dulière

Le dispositif de sécurité. Six compagnies de CRS, soit 800 hommes, ont été déployées en renfort dans la capitale pour le week-end, a-t-on appris de source policière. Pour samedi, "les sections ou unités de renfort départementales sont mobilisées" et des CRS et gendarmes mobiles seront chargés de "protéger lieux symboliques et sensibles" et de "prévenir tout rassemblement non autorisé", a précisé la Place Beauvau. Outre un renforcement du nombre de policiers en tenue dans certains endroits stratégiques, les transports devraient faire l'objet d'une attention particulière, dans le cadre d'un dispositif policier spécifique. Les locaux de Charlie Hebdo ont par ailleurs été placés sous surveillance. 

manif-paris

Les sanctions encourues. Les organisateurs sont prévenus : si la manifestation se tient, ils risquent six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende.

Les Français à l'étranger. Les autorités françaises ont pris par ailleurs des mesures de sécurité pour leurs ressortissants expatriés dans vingt pays, où écoles et locaux diplomatiques étaient fermés vendredi par crainte de violences liées également à la diffusion sur Internet de L'innocence des musulmans. Dans plusieurs pays, les dispositifs de sécurité seront maintenus samedi et dimanche.

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Un homme jugé samedi. Un homme soupçonné d'avoir participé le 15 septembre à la manifestation non autorisée près de l'ambassade américaine à Paris sera jugé samedi après-midi en comparution immédiate pour participation à un attroupement armé, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Cet homme, agent SNCF né en 1988, portait au moment de son interpellation avec un autre homme quatre torches d'allumage éclairantes et une matraque télescopique, avait précisé cette source jeudi. Il était connu des services de police pour des délits routiers, a-t-on ajouté.