Film anti-islam : qui sont les manifestants ?

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Film anti-islam : qui sont les manifestants ?
@ REUTERS
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Sur les 150 personnes interpellées, l'essentiel était des jeunes gens inconnus des services de police.

La manifestation devant l'ambassade des États-Unis à Paris samedi a-t-elle été organisée par des militants salafistes ? C'est la question posée par la section antiterroriste de la police judiciaire parisienne chargée d'enquêter sur l'affaire. Sur les quelques 200 manifestants, les forces de l'ordre ont en réalité interpellé 152 personnes aux profils très variés.

Si la majorité des individus interpellés ont été relâchés, un ou deux manifestants ont été placés en garde à vue pour outrage et violences sur des fonctionnaires. Les enquêteurs tentent à présent de vérifier le profil des participants à ce regroupement contre le film anti-islam. Europe1.fr fait le point.

Des jeunes inconnus des services de police. A la suite d'un appel sur les réseaux sociaux, une cinquantaine de personnes se sont regroupées samedi devant l'ambassade américaine. Refoulés jusqu'aux Tuilleries, ils ont été rejoints par d'autres participants. Au total, près de 200 personnes ont participé à cette manifestation non autorisée.

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Selon les premiers éléments de l'enquête, l'essentiel des personnes interpellées étaient des jeunes de moins de 25 ans, venus de banlieue parisienne ou de province en car. Ces derniers, vêtus de manière plutôt classique, constituaient environ les deux tiers des manifestants.

Des ressortissants égyptiens, tunisiens ou syriens figuraient également parmi les personnes interpellées, a précisé une source policière.

Des militants "salafistes". Ils ne représentaient qu'un tiers des personnes mobilisées maisce sont eux qui intéressent particulièrement les enquêteurs. Ces individus, vêtus d'une djellaba et portant une longue barbe, ont été identifiés par les enquêteurs comme des musulmans radicaux salafistes.

Un profil qui inquiète notamment le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. "Ce qui est vraiment inquiétant, c'est qu'il ne s'agit pas seulement de jeunes de banlieue mais de groupes de salafistes purs et durs. À travers Internet, à travers des déplacements dans des pays comme l'Afghanistan ou le Pakistan, il y a des jeunes dans nos propres quartiers qui peuvent être touchés par cette idéologie de la haine", a commenté le ministre interrogé par Le Figaro.

De leur côté, les représentants de la religion musulmane en France dénoncent des actes qui ternisse l'image des musulmans en France. Dalil Boubakeur, le recteur de la mosquée de Paris, qui s'exprimait sur I-Télé, a jugé "assez grave" que des salafistes aient "réussi à mobiliser quelques centaines de personnes" à Paris. Hassen Chalghoumi, le président de la Conférence des imams de France, a pour sa part dénoncé cette "minorité" de musulmans qui donnent une image tronquée de l'ensemble.

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